Les députés veulent des engagements concrets

Plan d’action du gouvernement

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Pour la première journée des débats à l’APN au sujet du plan d’action du gouvernement, les députés, notamment ceux de la majorité, ont formulé des propositions concrètes et émis certaines critiques sur le fonctionnement et les projections de l’économie algérienne.

 

Ainsi, le député du FLN, Abdelmadjid Dennouni, qui était auparavant président d’une organisation patronale spécialisée dans le domaine des hydrocarbures, a émis des critiques «objectives» sur les projections des autorités. «Il est anormal de continuer à gérer l’économie par des autorisations», a indiqué le parlementaire qui estime qu’il est temps de «donner au pays une vision fiscale» basée sur une «unification des règles» qui régissent ce secteur. Abdelmadjid Dennouni a également plaidé pour la réhabilitation du Cnes, le Conseil national économique et social, qui ne joue plus son rôle de contre-pouvoir depuis des décennies. 

Comme beaucoup de parlementaires, Abdelmadjid Dennouni a mis en cause le «monstre» que «constitue l’administration» qui «freine» l’économie du pays. «Le plus grand monstre de ce pays est l’administration», a-t-il indiqué. Il avait en fait appuyé une intervention de son collègue, Lyès Saâdi, qui avait également mis en cause l’administration comme un véritable frein à l’investissement et à l’activité économique.

En plus de ces remarques, une bonne partie des intervenants ont demandé à savoir pourquoi est-ce que le nouveau pouvoir a nommé autant de ministres alors que les caisses de l’Etat virent vers le rouge. C’est le cas de Mohamed Naom, député de Djelfa qui demande à Abdelaziz Djerad l’utilité de désigner autant de membres du gouvernement alors que «le pays connaît des difficultés financières». L’homme s’est en effet interrogé l’efficience de désigner quatre départements ministériels rien que pour gérer le portefeuille de l’Industrie. 

Dans le volet économique, les intervenants se sont notamment attardés sur l’absence de données chiffrées et des délais de réalisation des objectifs. «Mais par quel argent et quels moyens allez-vous atteindre ces objectifs ?», interroge Mohamed Naomi qui rappelle au Premier ministre, Abdelaziz Djerad, qu’il venait de dresser un tableau noir de la situation économique du pays. «Lorsqu’on élabore un projet, on fixe au moins des objectifs», a indiqué de son côté Salahedine Nekhili, député du RND. «Vous n’avez même pas fixé des délais et des objectifs pour réaliser votre plan», a indiqué, pour sa part, Abdelhamid Si-Afif, député du FLN de Mostaganem. 

D’autres remarques ont également été formulées par des députés. Elles concernent notamment l’élaboration d’une loi de finances complémentaire. A Abdelaziz Djerad qui a tancé les députés en rappelant qu’ils ont voté une loi de finances «injuste», le président de l’APN, Slimane Chenine, s’est obligé de défendre son Assemblée. «La loi de finances 2020 n’est pas parfaite. Mais elle a apporté beaucoup de bonnes choses», a indiqué le président de la chambre basse du Parlement. Dans la loi de finances complémentaire, «des dispositions fiscales injustes envers les salariés exerçant au sud et certaines professions libérales seront annulées», a promis le Premier ministre. «J’ai proposé au président de la République la préparation d’un projet de loi de finances complémentaire en vue de traiter les dysfonctionnements contenus dans la LF-2020», avait en effet estimé, auparavant, Abdelaziz Djerad qui répondra aux remarques des députés demain, jeudi.

Par Essaïd Wakli

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