«Les efforts doivent être multipliés afin d’intégrer les startups dans l’économie»

Le Dr Bouramoul Abdelkrim, enseignant-chercheur en NTIC au «Chiffre d’Affaires»

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En  Algérie, les jeunes porteurs de projets, startups, et les innovateurs  des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) sont très nombreux. Ces derniers peuvent faire la différence en   améliorant le contexte de l’économie locale par l’intégration rapide de leurs startups dans le marché du travail. En plus, il y a une effervescence en termes d’utilisation des NTIC, puisque actuellement  notre pays compte environ 2.5 millions d’Algériens disposant de smartphones, et plus de 21 millions d’algériens qui ont des comptes sur les réseaux sociaux. 

A cet effet, le Dr Bouramoul Abdelkrim qui est un enseignant-chercheur  en NTIC et spécialiste en intelligence artificielle et en Big Data a expliqué dans un entretien accordé au «Chiffre d’Affaires» la réalité des projets des startups et leur commercialisation notamment dans les domaines suivants : l’intelligence artificielle, la robotique et également les innovations des nouvelles applications algériennes.

LCA : le  salon de l’informatique est une opportunité pour les  jeunes porteurs de projets innovants, pouvez-vous nous éclairer sur ce salon et de ses perspectives?

Bouramoul Abdelkrim : Il s’agit d’un salon de l’informatique, un rendez- vous annuel des NTIC qui a été  initié en 2015 par la faculté de l’université Constantine 2 dont le but préalable était de faire sortir  l’étudiant de sa routine pédagogique. Ainsi, après quatre éditions consécutives, ce salon est devenu l’événement scientifique de l’année. Pour cette 4e édition, on a accueilli plus de 3 000 participants dont 500 ayant bénéficié de différentes formations accélérées dans des thématiques de pointe et d’actualité sur l’intelligence artificielle.  Ce salon qui s’est déroulé du 12 au 14 novembre 2019, a été marqué aussi par deux conférences, 24 work shopes, et 10 Talks». Ces activités ont été animées par des experts en robotique, en l’intelligence artificielle, et par des spécialistes du design. Il faut dire aussi que l’intelligence artificielle, est une thématique d’actualité  à tendance dans le monde entier, et elle émerge d’une année à une autre. On a programmé aussi des compétitions pour sortir avec des prototypes et pour sélectionner les idées prometteuses des étudiants pour créer des projets innovants. En plus, nous avons concrétisé l’objectif de ce salon à savoir créer un espace d’échanges entre étudiants, les  chercheurs, les opérateurs économiques et des personnalités de renommée mondiale pour débattre des nouveautés des NTIC.

Est-ce que l’université algérienne a formé des chercheurs qui  innovent dans de nouvelles applications pour créer des prototypes intelligents?

Il y a actuellement des célébrités et des icônes de nationalité  algérienne qui innovent à chaque fois de nouvelles applications. Ces  derniers sont formés par l’université algérienne à l’instar du Dr Baghdadi Reyad, qui est chercheur dans l’Institut, le plus célèbre des Etats-Unis, le «MIT». 

Je cite aussi l’exemple d’une étudiante Djalila Fouzia qui a développé  des prototypes en robotique permettant la prise en charge des personnes dans les centres des personnes âgées à l’aide des écrans  intelligents pouvant détecter et capturer les traits de visage et réagir à l’aide des robots pour améliorer le contexte des personnes nécessitant une prise en charge particulière. 

De plus, chaque  année, on choisit à Constantine des projets prototypes  qui sont réalisables. Ces innovations peuvent réussir le processus  d’intégration des technologies de l’intelligence artificielle dans la vie au quotidien. J’évoque, notamment, l’exemple d’une application de  détection de fraude dans les examens à l’aide de caméras intelligentes. Cette application a été réalisée par des étudiants. Actuellement, on travaille sur l’élaboration d’une application intelligente sur la détection des comportements antisociaux sur les réseaux sociaux.

Justement devant le développement et l’émergence de nouvelles applications et nouveaux produits numériques, quel est l’apport escompté de ces innovations au développement de notre économie ?

Assurément, l’université algérienne est en train de proposer chaque  année des projets qui ont un usage dans plusieurs domaines. Je cite entre autres l’exemple du domaine médical, puisque des étudiants ont réussi le challenge des applications de l’informatique émotionnelle, utilisables dans les thérapies comportementales. 

Il y a également des prototypes de projets destinés à l’irrigation des terres agricoles dans le Grand Sud algérien, là où le climat n’est pas très favorable, on a mis en place des systèmes d’irrigation d intelligence en utilisant des applications smart. En outre, je cite aussi l’exemple des nouvelles applications utilisées dans les domaines éducatifs pour les enfants scolarisés. 

Concrètement, est-ce que c’est possible de généraliser ces applications intelligentes dans le contexte actuel, sachant dans ce sens que les pouvoirs publics misent beaucoup sur la généralisation des startups dans le service  public ?

Le  potentiel existe et les projets innovants sont créés chaque année par des étudiants et par des chercheurs qualifiés. Il faut juste savoir encadrer ces jeunes  porteurs d’idées en les intégrant dans l’’environnement économique. 

Généralement, la commercialisation des nouvelles applications se fait à l’initiative des étudiants et spontanément. Il faut dire aussi que les dispositifs (Angem, Ansej  et cnac) ont donné de l’importance à ce genre de startups. Les exemples de réussite grâce à ces dispositifs sont multiples. A titre d’exemple, un étudiant de la faculté des NTIC de  Constantine a pu commercialiser une application d’aide à l’apprentissage en langue arabe. Cette dernière a été téléchargée à 2 millions de fois et elle est largement utilisée dans les pays du Golfe. En fait,  la volonté de faire existe chez nous. Mais pour être honnête, ce genre de mesures d’accompagnement n’est pas suffisant pour booster le secteur des startups en Algérie.

Les efforts doivent être multipliés et il faut établir une coordination bien  élaborée entre l’université en étant le détonateur de savoir, les autorités, le secteur socioéconomique et l’université, et ce, pour faciliter l’intégration de ces jeunes porteurs de projets innovants dans le marché  du travail.

 

Les statistiques de 2019 ont montré que près de 2,5 millions d’Algériens disposent d’un smartphone, quels sont les conseils d’après vous à donner pour une meilleure utilisation de ces  nouvelles technologies ?  

A vrai dire, l’outil informatique est en train de se banaliser chez nous,  notamment avec l’émergence des tablettes, smartphones et de Lap Tops. Dans un seul foyer, on peut trouver 5 ou 6 appareils de ces types.  Ces outils mis à part qu’ils sont des outils pour notre quotidien, ils peuvent néanmoins être détournés pour des pratiques illégales de la  part l’utilisateur ou même de part du fournisseur des programmes. Et pour cela, je recommande d’utiliser ces technologies à bon escient, de manière correcte et être vigilant. 

Autrement dit, il faut établir un seuil de sécurité quand il s’agit de la  confidentialité de l’information et de publication de données sur le Net. Il faut utiliser les informations de manière correcte. Je recommande en tant que spécialiste de prévoir des formations lorsqu’il s’agit de l’utilisation d’une application. De plus, il faut faire attention à ce qu’on le télécharge du Net.

Enfin, il ne faut pas faire confiance à tout ce qui se présente sur le web, car certaines applications peuvent être dangereuses pour nos smartphones et même pour la confidentialité de nos données  personnelles. 

 

Entretien réalisé par Chahinez Djahnine  

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