Les entreprises en besoin d’aides de l’Etat

Vu les pertes conjoncturelles de chiffre d’affaires

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Par Abdelkader Mechdal    

La conversion vers un nouveau mode d’activité commerciale, passant à la vente par livraison à domicile, pour ce qui est de certains opérateurs est une opportunité pour maintenir un certain niveau de revenu, mais reste que le problème est entier, puisque les activités en relation avec le tourisme par exemple, n’ont pas cette possibilité de retrouver la totalité de leur capacité, ce qui signifierait le prolongement de la crise pour eux.

 

Dans des économies ou la vente par commande à distance est réputée, le taux de maintien de l’activité par le biais de la livraison à domicile, pour les restaurateurs comme exemple, ne peut pas excéder les 25% seulement, ce qui veut dire qu’on reste bien loin d’approcher la capacité réelle, ce qui égalerait un niveau de revenu à peine de permettre la couverture de certains coûts, laissant les opérateurs concernés désemparés devant une crise qui s’allonge dans le temps et qui demande une attention assez particulière de la part des pouvoirs publics pour préserver les entreprises exerçant dans le domaine le plus exposé, qui est le tourisme et activités en relation surtout le transport.

Effectivement, plusieurs opérateurs activant dans l’hôtellerie en Algérie ont eu l’idée de convertir leur travail dans le domaine de la restauration pour satisfaire une demande de plus en plus importante surtout dans les grandes villes, qui se retrouvent dans des situations de confinement prolongé, ce qui fait qu’une partie de la consommation va être satisfaite par la livraison à domicile. C’est une manière qui permet aux opérateurs concernés de rester en liaison avec une clientèle qui a pris l’habitude de consommer des plats offerts par les restaurateurs, et par les hôtels de référence, ce qui est en soi une façon de préserver une présence sur un marché important, leur permettant de laisser en marche au moins une partie de leurs capacités, en attendant le retour à la normale.

C’est en fait cette situation qui a créé des tensions entre les entreprises en mal de garder leur activité intégrale, et leurs créanciers, dont les institutions publiques et les banques. Dans le volet purement public en relation avec les services des impôts et les douanes, des allégements ont été consentis et des prorogations de délais accordés, dans une intervention de la part des pouvoirs publics, ainsi que des rabaissements des coûts des crédits ont pris place deux fois dans l’espace de cette année, avec la révision par la Banque d’Algérie de ses taux directeurs vers le bas, ce qui est censé minimiser les charges financières  sur les entreprises. Mais, avec les chiffres enregistrés en matière de fermeture d’unités de production, et la perte d’emplois généralisée sur les secteurs en souffrance, il devient de la responsabilité de l’Etat de trouver d’autres solutions dans le cadre de la mobilisation de la dépense publique. Les aides financières directes qui peuvent être affectées dans le cadre d’un plan de préservation, pourront anéantir les tensions en relation avec le non paiement par les entreprises de leurs dettes envers les créanciers, ce qui donnerait un souffle nouveau pour la relation entre les deux parties, et aider à dépasser les effets de cette crise sur les opérateurs économiques. Donc, la conversion de l’activité comme tentative d’adaptation avec la conjoncture, ne peut pas à elle seule compenser les pertes en chiffre d’affaires, surtout dans un pays comme l’Algérie manquant de souplesse dans son mode d’organisation.          

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