Les explications de Abderrahmane Raouya

La loi de finances en débat à l’APN

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Par Essaïd Wakli

Devant des députés souvent critiques vis-à-vis du projet gouvernemental, le ministre des Finances a tenté d’expliquer les motivations qui ont poussé le gouvernement à préparer la loi de finances complémentaire pour 2020.

 

Ainsi, face à la crise économique que vit le pays, «il a été décidé  du report  de  toutes  les  opérations  de recrutement, à l’exception du  secteur de la santé et celui de l’Éducation, ainsi que le gel de toutes les activités culturelles», a indiqué le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya qui a annoncé la mobilisation de 70 milliards de dinars pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire. Ce montant est destiné, notamment, explique-t-il, au paiement de la prime exceptionnelle décidée par le président de la République en faveur du personnel de la santé, de l’allocation de 10 000 DA attribuée à 2,2 millions de familles nécessiteuses, ainsi qu’à la prise en charge des familles durement touchées par le Covid-19. La consolidation du pouvoir d’achat est l’un des axes fondamentaux du projet de  la  loi  de finances  complémentaire 2020, a encore affirmé M. Raouya, ajoutant que les réajustements de certaines dispositions introduites dans la loi initiale visent en outre à améliorer le rendement fiscal de l’État, à encourager les investissements étrangers, à accompagner les initiatives de la solidarité nationale et à relancer l’économie nationale. S’agissant de l’amélioration du  pouvoir d’achat, il rappelle, entre autres, la prorogation de la réduction de 50% du bénéfice des revenus réalisés dans les régions du Sud jusqu’à 2025, l’exonération de l’impôt sur le revenu global (IRG) pour les salaires dont le montant est inférieur ou égal à 30 000 DA, à compter du 1er juin, et l’augmentation du salaire national minimum garanti (SNMG) à 20 000 DA, également à partir de cette échéance. Pour ce qui est du rendement de la fiscalité de l’État, il  cite les taxes sur les véhicules de tourisme neufs importés, allant de 100 000 à 2 000 000 dinars, en fonction de la motorisation. Il évoquera aussi l’augmentation de la taxe des produits pétroliers (TPP) de l’ordre de 3 DA/l pour les trois catégories d’essence et +5 DA/l pour le gasoil. Le ministre cite également la révision de l’impôt forfaitaire unique (IFU), le remplacement de l’impôt sur le patrimoine par l’impôt sur la fortune et la soumission de son calcul à un barème ascendant.

Pour les grandes lignes de cette loi, le ministre a fait savoir que l’Algérie fera face à une baisse des recettes budgétaires de l’ordre de 1 000 milliards de dinars, soit moins de 15% par rapport à ce qui a été prévu initialement dans le projet de la loi de finances 2020. Ces recettes représentent, indique-t-il, un montant de 5 395,8 mds de DA, contre 6 289,7 mds prévus dans la loi de finances initiale. Le déficit budgétaire devrait atteindre 1 976,9 mds de DA (-10,4% du PIB) contre 1 533,4 mds dans la LF initiale (-7,2% du PIB).

Durant les débats, les parlementaires ont notamment axé leurs critiques sur la hausse, qualifiée d’injustifiée, des taxes sur les carburants. Ils demandent également à l’Etat de «récupérer» les sommes importantes détournées par des Algériens pour l’acquisition de biens à l’étranger de «manière illicite». 

Le ministre devait répondre hier aux interrogations des députés avant que la loi ne soit adoptée aujourd’hui, jeudi. Le projet de la loi de finances va être ensuite présenté, samedi devant le Conseil de la nation avant son application définitive dès lundi.

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