Les facilitations de financement, seul recours pour dépasser la crise

Le secteur des entreprises face à la récession

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Par Abdelkader Mechdal          

Le secteur des entreprises en Algérie a cette malchance d’affronter des circonstances difficiles à chaque crise économique qui s’annonce, sans pouvoir y faire face efficacement vu leur position de faiblesse financière, liée elle aussi à la taille de ces entreprises, ne leur permettant pas de faire des provisions à même de résister aux aléas du marché. Dans ces conditions, la seule possibilité de maintien de l’activité passe obligatoirement par l’aide de l’Etat.

La menace, elle est là, depuis la propagation de la pandémie mondiale du coronavirus, le secteur économique est frappé de plein fouet, et les entreprises se retrouvent dans l’état d’arrêt d’activité dans les domaines liés à la mobilité des humains et des marchandises, ce qui réduit drastiquement la consommation, et de facto, la production et la commercialisation des marchandises, l’essence même de l’activité économique. Dans ce cadre précis,  les institutions financières internationales s’accordent à considérer que l’économie mondiale va vivre une situation de récession profonde pendant l’année en cours 2020, ce qui se traduirait par une faible croissance tendant à zéro. Une situation qui n’a rien à voir avec la demande, mais plutôt aux conséquences du confinement généralisé à travers les pays à économies les plus dynamiques au monde.  

La seule recommandation des institutions de Bretton Woods est que les Etats doivent faire en sorte de minimiser les pertes en capacités de production, en appliquant les mesures nécessaires pour que les entreprises n’aillent pas vers la faillite, et ce, à travers les allégements de leurs dettes envers les institutions publiques ou les banques et autres compagnies créancières. 

Dans ce domaine, la Banque mondiale considère que les moyens financiers qui sont à la disposition des Etats sont différents du fait que les pays industrialisés ont cette capacité de mobilisation de financements conséquents à consacrer aux entreprises et aux consommateurs, pour stimuler la production et essayer de dépasser la période de récession à moindre coût économique et social. En outre, il y a les pays émergents et pays à moyen et faible revenu, qui n’auront pas cette capacité de mobilisation des financements, chose qui nécessite l’établissement d’un mécanisme d’aide multilatéral, qui consiste à mettre à la disposition de ces pays des financements sans intérêts, dans un cadre de solidarité à l’international, et bien entendu,  dans l’intérêt de l’économie mondiale qui aura à maintenir un niveau minimum de l’activité, le temps de sortie de la crise liée au coronavirus.  

Dans ce sillage, un pays à moyen revenu comme l’Algérie considère que les mobilisations financières internes sont à même de permettre à faire face au manque à gagner, mais sans que cette capacité ne voudrait dire qu’il n’aura pas besoin d’aide, puisqu’il est membre actif dans les institutions internationales, et a à valoriser ses droits à un financement sans intérêt, mais pas seulement, puisqu’il pourra aussi bénéficier d’une aide technique pour une meilleure intervention au profit du secteur économique, et à sa tête les entreprises.  Dans ce cas, l’aide pourra intégrer les entreprises du secteur privé, tant que les ressources à mobiliser de la part de la Banque Mondiale leur sont destinées, ce qui constitue une chance supplémentaire pour l’Algérie en ces temps de crise.

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