Les grands ratés du secteur énergétique national

Pertes énormes et gaspillage

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Par Essaïd Wakli

Malgré les difficultés économiques, une bonne partie de la production nationale de l’énergie est gaspillée. Entre autres, les pertes des compagnies nationales de l’énergie évaluées à près de 125 milliards, estiment les responsables gouvernementaux.

 

Ainsi, le ministre de la Transition énergétique, Chams-Eddine Chitour, a indiqué dans une intervention prononcée devant les walis que le taux de gaspillage de l’énergie dans le pays représente entre 10 et 15% de la production nationale globale, en soulignant l’impératif d’accélérer la mise en œuvre des programmes relatifs à l’efficacité énergétique. M. Chitour a précisé que ce taux représente 6,5 millions de tonnes équivalent pétrole (Tep) par an, soit l’équivalent de 45 millions de barils, ce qui représente 1,8 milliard de dollars en calculant le prix du brut à 40 dollars le baril.        

Ainsi, la feuille de route du secteur est basée principalement sur l’économie d’énergie et l’efficacité énergétique, selon le ministre, qui a précisé dans ce contexte que l’objectif est de placer 10 000 chauffe-eaux solaires l’année prochaine, en considérant qu’il s’agit là d’un champ important qui permet à lui seul d’économiser 40% d’énergie. 

Le ministre a insisté par ailleurs sur l’impératif de trouver les moyens de pouvoir créer une industrie pour la production locale de chauffe-eau solaire, assurant que les prototypes «existent». 

«L’industrie locale devrait également concerner les kits de conversion des véhicules au GPL/c, selon le ministre qui a affirmé que le secteur œuvre pour la conversion de 200 000 véhicules à ce système d’ici la fin de l’année prochaine 2021», a-t-il ajouté.

De son côté, le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a donné les chiffres des pertes consenties par les entreprises nationales activant dans l’énergie à cause de la pandémie de la Covid-19. Il a estimé que les pertes des compagnies nationales de l’énergie étaient évaluées à près de 125 milliards de dinars, en raison de la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus. M. Attar a souligné que l’économie nationale et le marché pétrolier en particulier traversent une période difficile, marquée par une chute des cours et une baisse de la demande mondiale depuis la fin du 1er trimestre 2020, en raison de la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus, impactant négativement l’économie nationale. 

Les recettes de l’Etat issues des exportations des hydrocarbures a diminué de près de 40% durant le 1er semestre 2020 par rapport à la même période de l’année 2019, a-t-il poursuivi, ajoutant que les pertes enregistrées par les compagnies du secteur de l’énergie, en raison de la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus représentent près de 125 milliards de DA. Tous ces facteurs réunis ont exacerbé la situation, notamment face à la hausse croissante de la demande interne d’énergie avec près de 7% par an, a estimé le ministre. 

Pour faire face à cette situation, le secteur de l’énergie a pris une série de mesures à court terme pour revoir ses prévisions notamment la réduction de l’investissement et des dépenses de fonctionnement, tout en préservant le niveau de production de l’énergie et en garantissant la distribution, a-t-il soutenu.

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