Les habitants de Chiffa en butte à un problème d’eau, un projet AEP à la rescousse

Blida

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Dans un entretien à l’APS, de nombreux habitants de la localité se sont dit «extrêmement mécontents» du fait de ce problème qui les «affecte profondément», exprimant leur souhait de voire se dessiner rapidement une solution pour leur garantir le précieux liquide en permanence.
Parmi eux, Noureddine (56 ans), un habitant du village «Communal», dit attendre une solution «radicale» à ce problème d’eau, au moment où sa concitoyenne, Samia (47 ans) de la cite «Sidi Madani», évoque un sentiment de «lassitude» exprimé par des habitants de Chiffa à l’égard des coupures «répétées» de l’alimentation en eau potable.
Un problème réitéré par Zouheir (60 ans), un habitant de la cite des 69 logements, qui, de plus, a déploré la «contamination de cette eau quand elle est disponible».
«L’eau que nous recevons est boueuse certaines fois, ce qui nous contraint à acheter de l’eau minérale, outre l’acquisition de pompes à eau, et de citernes», a-t-il relevé.
En fait, tous les habitants de la localité rencontrés par l’APS, se sont accordés sur ce qu’ils considèrent comme étant «l’unique» solution à ce problème, à savoir, ont-ils insisté, un projet de raccordement aux sources d’eau de Ramka, proposé par l’APC.
«Je suis parfaitement conscient du problème auquel font face les habitants de la localité», a indiqué à l’APS le président de l’APC de Chiffa, Mazari Abdessamad Mohamed.
Il a fait part de la proposition, en 2014, d’un «important» projet dont les frais, estimés à 250 millions de DA, «sont dérisoires comparativement aux gains escomptés», a-t-il assuré. Le responsable a déploré, néanmoins, la «non concrétisation, à ce jour, de ce projet, faute de financement, en dépit de son approbation par la direction locale des ressources en eau, et de l’accord de principe du ministère de tutelle», a-t-il fait savoir. En l’occurrence, il s’agit, a-t-il précisé, d’un projet pour l’alimentation en H24 de la population (44 000 âmes) de Chiffa à partir de l’eau de source de Ramka, se trouvant sur les hauteurs de la localité.
Le projet vise le captage de l’eau douce à partir des sources des hauteurs et forêts de Ramka (à environ 11 km de la ville de Chiffa).
Cette eau est particulièrement réputée pour son très haut débit, estimé à 35l/s, tout au long de l’année.
Soit un facteur qui plaide énormément en faveur de ce projet AEP, susceptible, selon les objectifs qui lui ont été fixés, de mettre un terme aux coupures d’eau, au niveau de cette localité, ayant enregistré ces dernières années, une importante extension urbanistique, parallèlement à la consécration d’une autosuffisance en la matière, en son sein. A cela s’ajoute la préservation escomptée des nappes souterraines d’eau, avec le transfert du quota de la localité en puits artésiens au profit de la ville de Mermane, ou Blida, selon les explications du P/APC de Chiffa.
«Ce projet a notamment fait l’objet d’une étude (de deux ans) réalisée par un bureau d’études spécialisé au moment où des analyses en laboratoire réalisés sur les eaux de la source de la Ramka ont attesté de leur – haute qualité- qui concurrence celle des eaux minérales», a assuré le même responsable. «Encore plus, cette eau ne requiert pas d’énergie électrique pour son acheminement aux citoyens, mais juste des conduites», a-t-il précisé, outre la possibilité offerte à la commune de se «doter de réservoirs d’eau supplémentaires en guise de réserve garante de la mettre à l’abri des coupures d’eau», a-t-il ajouté.
Toujours selon M. Mazari, cette étude de projet a été «soumise à la direction des ressources en eau, qui l’a approuvée depuis trois mois «au même titre qu’au wali qui a estimé, quant à lui, que «l’enveloppe nécessitée est au dessus des moyens de la wilaya», signalant néanmoins, qu’il va le «soumettre au ministre des Ressources en eau pour demander une subvention pour sa concrétisation». Aussi, le responsable a particulièrement déploré le «problème de financement» qui a entravé la concrétisation de ce projet «à double profit» selon lui, en «cas de son exploitation à bon escient».
Et pour cause, outre la dotation de la localité en eau potable, il devrait permettre une production de l’énergie électrique, qui sera destinée à l’éclairage gratuit des établissements éducatifs, administrations et autres zones reculées, «ce qui est synonyme d’une réduction des frais des factures d’électricité», est-il escompté.
Il n’a pas manqué, en outre, de déplorer la «perte vaine», actuellement des eaux des sources de la Ramka, qui sont rejetées dans les cours d’eau, où elles sont polluées, avant d’arriver à la mer.
«Au moment où on aurait pu en faire bénéficier la population de Chiffa, distante à quelque km seulement de cette source», a-t-il observé.
A titre indicatif, il a fait part d’une expérience réalisée avec la collaboration d’un expert en énergie pour la production d’électricité à partir du réservoir de la région des «7 chouhadas» de Chiffa.
«L’expérience a été un francs succès», a-t-il assuré, prévoyant des «gains d’importance pour la commune et pour la Sonelgaz, en cas de l’exploitation de l’énergie électrique produite par les eaux de cette source». Un projet d’ailleurs inscrit au titre de la stratégie de l’Etat encourageant l’exploitation des énergies alternatives, est-il signalé.

Accord de principe de la tutelle pour le projet

Interrogé par l’APS à propos de ce projet, le chef du service AEP auprès de la direction des ressources en eau de la wilaya, Allouche Abdelkrim, a confirmé son approbation par sa direction depuis près de trois mois, avec l’introduction d’une demande auprès de la tutelle pour son financement, a-t-il fait savoir.
Il a aussi signalé l’accord de principe signifié par la tutelle à sa direction, qui est en «attente du financement requis», dont il a prévu «la probabilité d’introduction au titre du nouveau budget du secteur».
Le responsable, qui a estimé que la concrétisation de ce projet «pourrait mettre un terme définitif aux coupures d’eau à Chiffa, et son alimentation en H24», n’a pas manqué de louer l’idée de ce projet peu onéreux et bénéfique pour les citoyens», vu qu’il s’agit de sources d’eau naturelle, «ne requérant pas de traitement préalable, ni de gros moyens matériels pour son acheminement aux citoyens», a-t-il affirmé. 

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