Les «nouveautés» de la présidentielle

Commission indépendante, régime électoral amendé, débat télévisé…

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Par Arezki Louni  

A quelques jours de la présidentielle du 12 décembre, les cinq candidats enclenchent une véritable course contre la montre. Objectif : convaincre le maximum d’électeurs du bien-fondé de leurs programmes respectifs.

 

Tous les thèmes ont été pratiquement épuisés, lors des meetings, sorties de proximité et campagnes de promotion via les réseaux sociaux. Fait inédit depuis l’indépendance du pays, les prétendants à la magistrature suprême croiseront le fer, ce vendredi, lors d’un débat télévisé. C’est ce qu’a fait savoir l’Autorité nationale indépendante des élections. La décision relative à l’organisation de ce débat a été prise par le président de l’Anie, Mohamed Charfi, en accord avec l’ensemble des candidats qui ont accepté d’y participer. Ce débat, dont les détails relatifs à son déroulement de ce rendez-vous (heure, durée, transmission et les animateurs) seront dévoilés ultérieurement, permettra de donner aux Algériens une idée sur le candidat qui incarne le plus le changement escompté. Cependant, le problème ne réside pas dans le débat plus qu’il ne l’est dans le contenu des discours que les candidats auront à développer. D’abord, il faut savoir que ces derniers, tenus par une charte d’honneur, éviteront les attaques frontales et surtout personnelles, ne s’en tenant qu’à répondre aux questions techniques ; celles qui rentrent dans le cadre des préoccupations quotidiennes des citoyens. Ces derniers n’aborderaient pas non plus la problématique des libertés, notamment celle ayant trait aux détenus d’opinion, rappelant comme ils l’ont toujours fait qu’ils s’interdiraient de s’immiscer dans les affaires de la justice, préférant laisser cette dernière «faire son travail». Par ailleurs, et pour un scrutin «transparent, neutre et crédible», il a été procédé à la mise en place d’une Autorité nationale indépendante des élections et à la révision du régime électoral.  Inédites, les lois organiques portant création de l’Autorité nationale indépendante des élections et celle relative à la révision du régime électoral, offrent toutes les garanties pour l’organisation d’une présidentielle «neutre, crédible et transparente». Le feuilleton de la confiscation de la volonté populaire, via les fraudes massives fera, désormais, partie du passé. Partant, l’Administration ne va plus organiser, superviser ou contrôler l’opération électorale, ni même en proclamer les résultats. C’est à l’Anie que revient cette lourde et sensible mission. C’est aussi à elle qu’échoient la révision des listes électorales, l’élaboration d’un fichier électoral, et l’établissement de la carte d’électeur. Parmi les nouveautés, il y a lieu de citer l’allégement des conditions de candidature, puisqu’en vertu du nouveau texte, le candidat doit présenter une liste comportant 50 000 signatures individuelles, au moins, d’électeurs inscrits sur une liste électorale. En outre, le candidat à la présidence de la République doit joindre à son dossier, un diplôme universitaire ou un diplôme équivalent. Pour ce qui est de la loi organique relative à la création d’une Autorité indépendante permanente, il est prévu le transfert de toutes les prérogatives des autorités administratives en matière électorale à l’Autorité indépendante. Ce sont là les principales mesures à même d’assurer un processus électoral crédible.  

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