Les prévisions pessimistes de la Banque mondiale

Situation économique en Algérie

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Par Essaïd Wakli

Une croissance négative, une inflation en hausse et des prévisions incertaines ; dans son dernier rapport concernant l’Algérie, la Banque mondiale est un peu pessimiste.

 

Ainsi, le document de la Banque mondiale indique que «les prévisions actuelles tablent sur une contraction du PIB de 3%, ce qui correspond à un recul de la consommation et l’investissement privés, ainsi qu’à la chute des investissements publics, qui représentent 44% de leur totalité».

Et ce ne sont pas les mesures visant à endiguer la crise du Covid-19 comme la restriction des déplacements et des rassemblements qui encourageront la consommation et l’investissement privé. «La demande de services, de produits de consommation non essentiels et d’investissement privé, sera en baisse, et une rupture des approvisionnements pourrait survenir», note le rapport de l’institution internationale qui s’appuie essentiellement sur les données fournies par les gouvernements. 

Au-delà de la faiblesse de la croissance économique, c’est surtout le creusement du déficit budgétaire qui inquiète la BM. «L’ampleur et la progression rapide des déficits budgétaires exigent une action urgente, car la dette publique augmente, les réserves devraient s’épuiser en 2021 et des engagements hors bilan sont imminents», précise le document.

S’il estime que les mesures passées et présentes prises par les pouvoirs publics pour tenter de régler la question du double déficit, dont les restrictions des importations ou le financement monétaire, «constituent des solutions à court terme, qui devraient être complétées par des réformes visant à remédier aux faiblesses structurelles de l’économie», le texte de la Banque mondiale préconise la dévaluation du dinar comme solution. 

«La dépréciation du taux de change pourrait apporter une nouvelle bouffée d’oxygène», recommande la Banque mondiale.
En sus de la baisse des prix du pétrole, la crise sanitaire due à la pandémie du Covid-19 risque d’aggraver la situation. Cela pourrait «réduire encore plus la consommation et l’investissement privés, accroître les dépenses de santé publique et entraîner une baisse des recettes budgétaires hors hydrocarbures, aggravant le déficit», indique le rapport. 

Le document rappelle que les autorités algériennes ont adopté des mesures visant à encourager les investissements étrangers, avec notamment la suppression de la règle 49/51%, mais cela risque d’être entravé par «des incertitudes nationales et mondiales». Cela n’empêche pas la Banque mondiale de préconiser qu’il sera «essentiel d’améliorer sensiblement le climat des affaires pour promouvoir l’investissement privé, en encourageant la diversification tout en renforçant la résilience et en stimulant la croissance».
Avant de parvenir à ces projections, la Banque mondiale a fourni les chiffres de l’économie algérienne durant l’année écoulée. Ainsi, la croissance du PIB s’est ralentie pour s’établir à 0,9% en 2019, contre 1,4% l’année précédente. Le secteur pétrolier a enregistré une contraction moyenne moindre dans les neuf premiers mois de 2019 par rapport à l’année précédente (-4,3% contre -6,4% en 2018). Parallèlement, la croissance de l’activité hors hydrocarbures a atteint 2,6% au cours de la même période, en baisse par rapport à 3,3% en 2018, indique l’institution.

Durant l’année écoulée, le taux d’inflations s’est ralenti, revenant à 2,7% en 2019, contre 4,3% en 2018, «ralentissement dû à une faible augmentation des prix des produits alimentaires, des logements ainsi que des transports et des communications». Quant au taux de chômage, il s’est stabilisé à 11,4% en mai 2019. Il est plus élevé parmi les femmes et les jeunes (20,4% et 26,9%, respectivement), ajoute encore la Banque mondiale. 

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