Les producteurs et pharmaciens tirent la sonnette d’alarme

Industrie pharmaceutique

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Les producteurs de médicaments tirent la sonnette d’alarme. Cela fait en effet des mois qu’ils réclament la révision des prix des médicaments au risque de mettre la clé sous le paillasson.

 

Selon Karim Mereghmi, président du Syndicat national des pharmaciens d’officine, Snapo, il est «temps de changer la tarification des médicaments. Sinon, on risque de perdre l’industrie nationale», a-t-il indiqué. Selon le pharmacien, qui s’est exprimé dans des médias, cette tarification fixée depuis les années 1990 met en difficulté des producteurs. C’est le cas du géant public Saidal, précise Karim Mereghmi. Ce dernier ajoutera que cette tarification a plombé les investissements dans le domaine. Or, selon lui, c’est la stratégie de l’Etat qui vise à développer l’industrie des médicaments dans le pays pour réduire la dépendance aux marchés internationaux.

Selon une récente étude, les prix des médicaments en Algérie sont «notamment inferieurs aux prix moyens dans les pays de référence à travers la majorité des aires thérapeutiques, indépendamment des aires thérapeutiques chroniques ou aiguës ; la cardiologie est la seule aire thérapeutique dans laquelle nous observons un prix moyen plus élevé». Les résultats de l’étude ont montré également que les prix de la majorité des génériques sont plus bas que les prix moyens dans les pays de référence. «Ces pays ont adopté des mécanismes novateurs au-delà de la réduction des prix pour gérer le fardeau des coûts, tout en encourageant l’innovation et l’investissement», ajoute-t-on. De son côté, l’Union nationale des producteurs de médicaments estime qu’à travers cette étude, la demande de révision des prix des médicaments relève de l’urgence pour «éviter de casser la dynamique de croissance et surtout de développement de la production locale indispensable à la réalisation des objectifs de la politique nationale de santé publique. Faute de prix rémunérateurs, nous ne pourrons espérer avoir accès à la technologie de fabrication des produits innovants ou de produits de biotechnologie», a indiqué Abdelwahab Kerrar, patron de cette organisation.

L’Algérie tente, depuis des années, d’encourager la production des médicaments. Cela passe notamment par l’obligation faite aux importateurs d’investir dans la production au bout de cinq ans d’activités. Des dizaines d’usines ont vu le jour grâce à cette disposition faisant monter la part de la production nationale dans le secteur à 50%. Les autorités veulent porter ce taux à plus de 75% en 2025. Toutefois, il subsiste un seul souci : la matière première est quasiment importée dans son intégralité.

Par Essaid Wakli

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