Les produits islamiques pour drainer l’argent hors circuit officiel

Les banques publiques proposeraient de nouveaux produits incessamment

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Avec une dominance de quelque 83% des avoirs bancaires, les banques publiques sont appelées à diversifier leurs produits pour mieux capter l’épargne des ménages et celle des entreprises, surtout pour les sommes d’argent qui trouvent refuge ailleurs que dans le marché officiel des transactions financières, alimentant des pratiques de marché noir et de thésaurisation, nuisant ainsi aux intérêts même de l’économie nationale. Une démarche tant attendue, dans une conjoncture caractérisée par un manque de mobilisation des ressources existantes sur le marché national.

Les chiffres officiels de la Banque d’Algérie font ressortir une situation ou une masse monétaire représentant le tiers des liquidités que compte l’économie nationale, qui circule hors circuit officiel. Les fonds concernés sont constitués de 2 500 milliards de dinars qui sont thésaurisés chez les particuliers, en argent liquide, reflétant un état de fait, qui fait que les gens trouvent plus pratique de conserver ces fonds dans le souci de régler leurs achats et dépenses dans une facilité qu’ils ne peuvent pas avoir auprès des institutions financières officielles. 

Les pratiques bancaires, qui donnent l’image de services trop rigides ou ne pouvant pas satisfaire le besoin des particuliers, en matière de règlement surtout à distance, ou même en ce qui concerne la rémunération des carnets d’épargne qui est loin de compenser la perte de valeur en relation avec l’inflation, par un taux d’intérêt conséquent, ou un placement qui permet une meilleure rentabilisation de leurs avoirs, ce qui ne peut avoir de conséquence que de faire fuir les capitaux détenus par les particuliers hors circuit bancaire.

Une autre somme aussi importante, qui est estimée à 2000 milliards de dinars, circulant dans le cadre de transactions commerciales de marché parallèle, que ça soit de produits de consommation ou d’équipement ménager ou même industriel, et celui en relation avec l’immobilier drainant des valeurs de marché très importantes, ce qui fait perdre au Trésor public des rentrées importantes, de l’ordre avoisinant de quelque 40 milliards de dinars en TVA seulement, sans compter les taxes relevant de l’enregistrement de ces mêmes transactions chez les instances publiques. Pour ce qui est des pratiques de marché parallèle, il est clair que les autorités publiques ne proposent aucune politique à même de dissuader ce genre de pratiques, et d’encourager l’adhésion au circuit officiel, ce qui constitue une constante dans une économie algérienne mal encadrée et mal orientée vers la création de la richesse. 

En ce qui concerne le drainage des sommes d’argent thésaurisées par les particuliers, il y a eu cette note de la Banque d’Algérie, qui instruit les banques publiques à proposer de nouveaux produits, dans le cadre de la finance participative, un terme lui-même utilisé dans les déclarations officielles, relatant une conception purement technique pour contourner l’appellation plus courante qui est celle de la finance islamique. L’entrée en vigueur de l’application de la note est prévue pour le 1er janvier 2020, ce qui a mené les banques publiques à tracer un programme de formation pour les techniques bancaires en relation, et aller vers un mix financier, regroupant les services conventionnels classiques, et les nouveaux produits qui auront la charge d’attirer les capitaux circulant dans la sphère non officielle. 

Abdelkader Mechdal

Economiste

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