Les restrictions budgétaires, seul moyen du gouvernement pour y faire face

Crise de la finance publique

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Par Abdelkader Mechdal

Si les pouvoirs publics veulent éviter le recours à toute aide de la part des institutions financières internationales, ça voudrait dire que la solution pour faire face aux besoins de l’économie en financement est de passer vers une austérité pure et dure, même si officiellement, on fait en sorte de ne pas prononcer le terme, et à peine, on fait passer des restrictions budgétaires dans le sens de minimiser les conséquences d’une réduction attendue des revenus de l’Etat en cette année si difficile.

C’est vrai que l’Algérie a pu vendre pendant les deux premiers mois quelque 5 milliards de dollars en hydrocarbures, avec une perte de gains de l’ordre de 1 milliard de dollars, et ce, selon les chiffres officiels, mais il sera difficile, si ce n’est impossible, de maintenir ce niveau de performance pour atteindre des ventes annuelles de 30 milliards de dollars pendant l’année en cours. Le niveau des prix qui a perdu quelques deux tiers de sa valeur nous renseigne des difficultés que va rencontrer le pays pour boucler l’année financière. Dès la première recrudescence constatée des prix sur le marché, les prévisions ont tablé sur une perte avoisinant 14 milliards de dollars par rapport à la recette de l’année passée 2019, ce qui voudrait dire que les rentrées annuelles du pays vont se positionner autour de 20 milliards de dollars. 

Mais le marché a bien enregistré des évolutions vers le bas, en connaissant une descente en enfer avec le crash du marché pétrolier, qui a tiré les prix rapprochant le niveau d’il y a 18 ans à seulement 22 dollars le baril, pour le WTI du Texas, ce qui met l’or noir sur la marge minimale exigée par l’Opep en début des années 2000. Et si on se réfère à un scénario pessimiste, l’Algérie aura à boucler l’année à des recettes ne dépassant pas les 12 milliards de dollars seulement, c’est-à-dire si et seulement si, le marché pétrolier change son mode de régulation en passant à une alliance très contraignante entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis. Mais heureusement que des producteurs américains surtout ceux activant dans le schiste, qui permettent au pouvoir américain de construire son indépendance vis-à-vis du pétrole du Moyen-Orient, sont menacés eux aussi d’arrêter leur production, tant que leurs coûts de production avoisinent les 50 dollars le baril, ce qui voudrait dire que la guerre des prix doit cesser après une démonstration de force entre Saoudiens et Russes, qui n’aura pas à durer beaucoup dans le temps.

C’est à partir de là qu’on peut comprendre cette prise de position du ministre de l’Energie, M. Arkab, qui voit dans la normalisation du marché en la deuxième moitié de l’année une éventualité, ce qui permettrait de revenir à des niveaux de prix plus justes, c’est-à-dire dépassant les 50 dollars le baril. Toutefois, reste que même pour une moyenne annuelle de prix à ce niveau, l’Algérie aura besoin de revoir sa dépense publique pour la situer dans des niveaux soutenables en relation avec les disponibilités financières dont dispose le pays.

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