Les solutions alternatives auront besoin de temps pour se concrétiser

Crise du financement du budget de l’Etat

0 4 895

Par Abdelkader Mechdal   

La seule alternative possible pour faire face aux besoins de financement nouveaux inscrits dans le budget de l’Etat, révisés à la hausse dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2020, est de passer vers l’application de mesures incitatives réelles au profit des porteurs de projets, soit ceux qui sont en souffrance à cause de la mauvaise gestion du dossier de l’investissement, ou les tout nouveaux qui auront besoin d’une assurance au bon aboutissement, pour que l’assiette fiscale puisse suivre, et permettre de nouvelles rentrées budgétaires pour l’Etat.

     

Il n’y a pas d’autres solutions que d’appliquer une politique agressive en matière d’incitations, avec toutes les innovations que ça puisse générer comme mesures en ayant à l’esprit que l’acte d’investir est primordial et vital surtout dans le cas de l’Algérie qui souffre d’un manque flagrant d’alternatives au financement hors la dépense publique. Une situation de dépendance grave qui a été ancrée par des pratiques publiques rentières s’appuyant sur les revenus pétroliers, marginalisant ainsi les vrais investisseurs qui avaient cette habilité de monter des projets d’investissement en mobilisant des financements privés, nationaux et étrangers.

Ce genre de financement s’appuyant sur une ingénierie financière moderne, puisant dans la mobilisation des disponibilités de source nationale ou étrangère, qui aurait fait l’effet de gagner du terrain si leur expansion a été approuvée par les autorités publiques, et les facilitations ont été accordées à ceux qui produisent de la valeur ajoutée. Un effet contraire a été entretenu par la passivité d’un centre de décision central ou local, faisant dans le découragement pur et simple des initiatives d’investissement, ce qui fait que le manque à gagner par le Trésor public vis-à-vis des projets privés est problématique d’un modèle étatiste contre productif.

Dans la situation actuelle caractérisée par le rétrécissement des rentrées publiques, en relation avec le crash du marché pétrolier d’une part, et des effets de la pandémie du Covid-19 d’autre part, il devient difficile de trouver des solutions pour l’expansion qui touche plusieurs rubriques du budget de l’Etat, en relation avec des engagements publics visant surtout le soutien du pouvoir d’achat, et la constitution des startups, et ce, hors l’augmentation établie des taux d’imposition sur des activités de commerce en l’état, ou ce qui est proposé comme révision des tarifs des carburants vers la hausse. C’est pratiquement la seule marge de manœuvre qui soit à la disposition des concepteurs de la LFC-2020, devant une situation économique à l’arrêt.

Justement, c’est cette situation difficile qui va guider les actes des pouvoirs publics, ce qui limiterait l’efficacité de leur intervention, et partant, le choix fait pour aller à une dépense publique de crise en réduisant les engagements budgétaires en général, ce qui voudrait dire que le rétablissement économique aura besoin plus de temps, ne pouvant reprendre la voie de la croissance reflétant les moyens dont dispose le pays, que dans un moyen terme, c’est-à-dire au-delà de 2022.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.