L’Etat doit revoir sa politique de subventions

Gaspillage des ressources budgétaires

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Par Abdelkader Mechdal  

Ce qui est sûr, c’est que là où la subvention à la consommation s’installe, on aura toujours des situations de gaspillage, puisque le prix administré ne pourra jamais aider à instaurer la rationalité dans la prise de décision de consommer. 

   

Une situation qui alourdit la charge sur le budget de l’Etat, en dinar et en devise, surtout que la majorité des produits subventionnés sont importés de l’étranger, ce qui fait que les pertes touchent les ressources rares en monnaies étrangères, fruits de la rente pétrolière.

Il ne suffit pas de dire que la révision par exemple à la hausse des tarifs des carburants à la pompe est une source, à elle seule, de diminution du gaspillage, tant que d’autres rubriques en relation avec les subventions constituant la dépense publique restent maintenues, faisant de ce même gaspillage une politique pour soi-disant préserver la stabilité sociale. Ça ne marche pas comme ça. Les chiffres, concernés par le gaspillage dans le budget de l’Etat, concernent 25%  de celui-ci, ayant une relation directe avec les transferts inscrits en matière de subventions tous azimut, touchant le social, les exonérations en relation avec l’investissement et bien sûr les carburants.

Pour ces derniers, l’Etat a eu le courage de mettre en application une révision graduelle des tarifs à la hausse, selon d’anciennes idées posées du temps de l’ancien système et lors des années 2000, mais qui n’ont pas été suivis par des mesures concrètes. D’ailleurs, un Premier ministre de cette ère  a  eu même à défendre ce qu’il qualifiait comme une façon de distribuer la rente pétrolière sur les Algériens, ce qui voulait dire que le maintien des tarifs sans changement est une politique de l’Etat, et que ce qui est considéré aujourd’hui comme gaspillage, ne l’était pas auparavant. En tous les cas, les difficultés financières que rencontre l’Algérie depuis 2014, ne laissent apparemment pas de choix aux autorités publiques, qui ont choisi la mobilisation de certaines rubriques alimentant le budget, dont celle en relation avec la vente des carburants à la pompe. 

Du point de vue purement économique, le fait de proposer des prix bas à l’interne, pour ce qui est des produits pétroliers dérivés, a nourri toute une activité de contrebande aux frontières, qui a prospéré dans le temps en exploitant la différence de prix avec les pays voisins, ce qui impliquait le fait qu’en plus de la consommation interne excessive de la part des plus riches, et des entreprises qui ne payent pas forcément leurs parts d’impôts, faisant ainsi perdre au Trésor public, des ressources très importantes pour son équilibre financier. Ce travail, qui devrait être suivi par des actions à même d’instaurer une nouvelle approche, mettrait tous les agents économiques, qu’ils soient producteurs-investisseurs ou consommateurs, devant une règle unique qui est celle qui fait respecter la concurrence, et ce en faveur d’un encouragement effectif aux opérateurs à mieux adopter les bonnes pratiques liées à la production et la consommation, ce qui veut dire que seuls les plus fragiles sur le plan social, et les plus rentables à terme au plan économique, pourront avoir accès à l’aide de l’Etat.

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