L’Etat doit s’orienter vers l’endettement interne

Afin de préserver les emplois et les entreprises

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Par Zahir Radji 

La double crise économique et sanitaire dont fait face l’Algérie a aggravé la situation financière de notre pays qui est déjà vulnérable, notamment suite au choc pétrolier.  Le gouvernement doit trouver de nouvelles ressources financières pour faire face aux retombées du Covid-19 et sauver les entreprises en difficulté financière et également sauver les emplois. 

 

D’ailleurs, il est à noter que l’Etat avait déjà pris la décision de mettre en congé 50% de l’effectif, tout en assurant leurs salaires. Toutefois, le gouvernement est appelé également à soutenir les entreprises du secteur privé, en particulier celle de la communication et des services. Sur ce point, Mohamed Sami Agli, président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) a indiqué que la crise du Covid-19 a mis en péril les entreprises de plusieurs secteurs d’activité, et beaucoup d’entre elles risquent la faillite. « Nous sommes frappés en plein fouet par cette crise.  La situation se complique davantage pour les entreprises. Si cette pandémie perdure, même celles, qui sont en activité, vont baisser rideaux, faute de la matière première», a-t-il constaté lors de la 6e édition des débats du Forum, retransmise via la vidéoconférence.

Devant cette conjoncture difficile, indique-t-il, «Nous devons tous s’impliquer afin de sauver l’outil du travail et notamment les emplois pour plus du temps possible». En effet, l’implication de l’Etat, à travers l’octroi de facilitations et même assurer les salaires d’une partie des travailleurs des secteurs touchés est plus que primordiale.  Pour l’expert en économique, Mohamed Cherif Belmihoub, l’Etat est appelé à intervenir en deux actions, à savoir maintenir l’activité (un plan de sauvetage pour les entreprises) et garantir les salaires des travailleurs mis en congé forcé. «Sans l’intervention de l’Etat avec un financement budgétaire, nous risquons l’inflation et le chômage. On doit trouver des solutions pour maintenir le pouvoir d’achat des citoyens», a-t-il affirmé lors de son intervention à cette rencontre consacrée aux retombées de la pandémie du coronavirus et la baisse des prix du pétrole sur l’économie nationale et également sur les entreprises.

L’intervenant a préconisé deux solutions à prôner par l’Etat, soit allouer un budget à cet effet, à travers la prise en charge des salaires des travailleurs  des secteurs public et privé, ou par des mesures fiscales (donner une compensation fiscale pour l’entreprise).

Questionné, par ailleurs, sur  la mobilisation des ressources financières nécessaires pour le financement ces opérations, M. Belmihoub a plaidé pour l’endettement interne. 

«Devant le déficit budgétaire que connaît déjà le Trésor public, l’Etat doit recourir à un endettement interne qui ne dépasse pas actuellement 50% du PIB.  Il y a une marge de manœuvre pour la planche à billets. J’étais parmi les premiers qui avaient critiqué le recours à ce mode du financement en 2017, mais maintenant il se justifie. Toutefois, on doit le limiter», a-t-il plaidé.

Le redéploiement des ressources financières existantes est une autre solution préconisée par le professeur en économie.

 

Le président du FCE, Sami Agli, a enfin appelé à la concrétisation du partenariat public-privé (PPP). Un modèle qui a prouvé  son efficacité sur le terrain, en citant le cas d’un opérateur privé de Béjaïa qui s’est associé avec le ministère de la Formation professionnelle dans la confection de masques de protection contre le Covid-19. Plus de 30 000 unités ont été déjà réalisées, répondant aux normes du ministère de la Santé.

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