L’Etat face au commerce informel

Vente en gros des produits alimentaires

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Par Essaid Wakli

Alors qu’il veut maîtriser les circuits de distribution en ces temps de forte demande sur les produits de première nécessité, le gouvernement fait face à une réalité bien amère : l’informel occupe une place importante dans le commerce du pays. Il tente d’y remédier.

Depuis le début de la crise sanitaire, les services de sécurité découvrent, chaque jour, des dépôts où sont stockées d’importantes quantités de produits alimentaires de première nécessité. Souvent, les services de l’Etat découvrent que ces hangars appartiennent à de «vrais» grossistes qui travaillent souvent sans aucun document officiel. Ce sont souvent ces commerçants de gros qui occupent des quartiers entiers des grandes villes. C’est le cas à Semmar, à Alger ou Aïn M’lila à Oum-El-Bouaghi ou encore Tadjenanent à Mila. 

Pour mettre fin à cette situation, le gouvernement propose une solution provisoire à ces commerçants. Ainsi, le ministère du Commerce propose l’obtention d’une «licence provisoire» leur permettant d’exercer leurs activités sans être soumis aux procédures de contrôle et de saisie de leurs stocks et dépôts «non encore déclarés». Kamel Rezig a précisé, dans ce sens, que plusieurs commerçants «intègres» qui n’avaient pas finalisé les procédures légales de déclaration de leurs dépôts supplémentaires, ont subi les mesures de contrôle, voire de saisie par les agents de commerce et les services de la Gendarmerie nationale. Pour le ministre, «ces saisies sont intervenues dans le cadre d’une opération d’envergure lancée par le secteur du commerce et les services de sécurité pour lutter contre la spéculation, la fraude et le monopole, par «des pseudo-commerçants», et qui a donné lieu à la constatation de beaucoup de contraventions.

Pour Kamel Rezig, ceux qui stockent des produits alimentaires ne sont pas tous des commerçants malhonnêtes. «Il existe parmi ces contrevenants des commerçants honnêtes qui possèdent des dépôts et des locaux qu’ils n’avaient malheureusement pas déclarés», a admis le responsable qui a rappelé que la «procédure légale exige du commerçant de gros la fourniture des copies de l’acte de location ou de propriété et du document attestant la qualité de commerçant, délivré par un huissier de justice et des documents de contrôle fournis par l’administration du commerce».

Cela n’empêche, le ministre persiste et signe : les actions opérées par les services du secteur en collaboration avec les services de sécurité, « sont 100% légales, en ce sens que les grossistes n’avaient pas protégé leurs activités à travers la déclaration, d’où la difficulté de faire la distinction entre spéculateurs et commerçants honnêtes». 

C’est pour éviter des désagréments aux commerçants «honnêtes» que les autorités ont proposé la «licence provisoire». Une manière de tenter de ramener les commerçants dans les circuits légaux. Surtout que, selon les statistiques officielles, le secteur informel représente, au moins 50% de l’activité économique nationale. Toutes les tentatives effectuées par les autorités pour mettre fin à cette situation ont échoué. Les commerçants activant dans l’informel ont souvent de l’influence et emploient des dizaines de milliers de personnes. Dans l’informel.

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