L’Etat organise la riposte

Produits de première nécessité

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Face à la spéculation et à la pression accrue qui s’exerce sur les produits alimentaires, l’Etat sort les gros moyens. 

 

Alors qu’une réunion ministérielle s’est tenue en urgence autour de Kamel Rezzig, les organismes régulateurs de l’Etat se mettent en branle.

Ainsi, selon un communiqué du ministère du Commerce, Kamel Rezig a procédé mardi à l’installation, au niveau du ministère, d’un comité de crise chargé du suivi des conditions d’approvisionnement du marché national en cette conjoncture marquée par la propagation du coronavirus. Le groupe de travail regroupe le directeur général de la régulation et de l’organisation des activités, le directeur général du contrôle économique et de la répression de la fraude, un directeur d’études au secrétariat général, le directeur du marché et des professions réglementées, la directrice du contrôle des pratiques commerciales et anticoncurrentielles et le directeur du contrôle de qualité et de répression de la fraude. Il œuvrera pour «l’anticipation des cas pouvant conduire à une perturbation d’approvisionnement du marché et la prise de toutes les mesures d’urgence en cette conjoncture ainsi que l’exploitation et l’analyse de toutes les données fournies par les directions concernées ».

En attendant qu’il se déploie, d’autres institutions de l’Etat se mobilisent. Ainsi, l’Office national interprofessionnel des céréales (Onic)  fournira une avance sur approvisionnement au profit du Groupe public «Agrodiv» et de la minoterie privée «Moulins du Dahra» dans la wilaya d’Aïn Defla, à même de couvrir la demande d’une semaine supplémentaire en matière première et d’absorber la forte demande sur la semoule et la farine. «Cette avance sur approvisionnement intervient à l’effet d’absorber la forte demande sur ces deux produits et permettre au Groupe Agrodiv et à la minoterie privée de satisfaire la demande des consommateurs, avec possibilité de fournir d’autres avances en cas de besoin», a assuré le directeur général de cette institution, Abderrahmane Bouchehda. Selon les prévisions, l’approvisionnement des minoteries en blé tendre durant le mois de mars courant est prévu à 6 300 000 quintaux, contre 5 800 000 en février et 5 700 000 en janvier. En ce qui concerne le blé dur, il est prévu d’approvisionner les minoteries en une quantité de 2 062 000 quintaux contre 1 800 000 quintaux en février et 1 922 000 quintaux en janvier.

Pour faire face à une éventuelle pénurie de pomme de terre, le ministère de l’Agriculture a décidé de déstocker d’énormes quantités de tubercules. Des dizaines de quintaux vont être acheminés dans les prochaines heures des chambres froides et hangars des wilayas de Biskra et Oued-Souf vers les régions Nord du pays. Plus que cela, les autorités ont décidé de transporter gratuitement cette marchandise afin de réduire ses prix.

Ces mesures sont prises suite aux pénuries constatées dans certaines régions du pays. Ces manques concernent essentiellement les farines, semoules et parfois la pomme de terre. Une pénurie due essentiellement à la ruée de certains citoyens sur ces produits stratégiques de crainte d’un confinement généralisé de la population en guise de prévention contre la propagation du coronavirus.

Par Essaïd Wakli

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