L’Etat prépare un texte de loi

Lutte contre le discours de la haine

0 69

Depuis quelques temps les discours de la haine écument les réseaux sociaux. Responsables politiques, parlementaire, et même citoyen lambda, s’adonnent à des attaques contre des populations, des groupes et des activistes du Hirak populaire. 

 

Certains demandent même à des Algériens de ne pas se marier avec d’autres, pour la simple raison qu’ils ne parlent pas la même langue, n’habitent pas dans la même région ou auraient un passé révolutionnaire « douteux ».

Tout le monde aurait vu cette parlementaire qui passe son temps à stigmatiser la région de Kabylie, à s’attaquer à ses habitants, ou ce jeune désœuvré qui toute honte bue n’hésite pas à traiter Abane Ramdane ou Krim Belkacem de tous les noms d’oiseaux. N’a-t-on pas aussi douté du passé révolutionnaire de Lakhdar Bouregaa ? Pour éviter que ce genre d’errements ne se rééditent, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a instruit le Premier ministre, Abdelaziz Djerad d’élaborer un projet de loi criminalisant toutes formes de racisme, de régionalisme et du discours de la haine dans le pays, a indiqué, hier, un communiqué de la présidence de la République.

« Cette mesure intervient après avoir constaté une recrudescence du discours de la haine et de l’incitation à la fitna (discorde), notamment à travers les réseaux sociaux », explique la même source, ajoutant qu’elle intervient aussi dans le but « de faire face à ceux qui exploitent la liberté et le caractère pacifique du Hirak (mouvement populaire) pour brandir des slogans portant atteinte à la cohésion nationale ». « Tout un chacun est appelé à se conformer à la Constitution et aux lois de la République, notamment le respect des constantes de la Nation et ses valeurs, les principales composantes de l’identité et de l’unité nationales ainsi que les symboles de l’Etat et du peuple », conclut le communiqué de la présidence de la République. Il convient de rappeler que la présidente et députée du Parti de l’équité et de la proclamation (PEP) s’est distinguée, ces derniers mois, par ses posts racistes, ciblant les populations de Kabylie, du Sud et tous les citoyens qui ne partagent pas son discours de haine. Ces positions n’ont jamais fait réagir les autorités politiques du pays, ni même ses collègues de l’APN.

Même indifférence des autorités judiciaires après la plainte déposée, en juin, par trois plaignants (deux avocats : Mes Kader Houali et Soffiane Dekkal, et par Salim Chait). Dans une déclaration rendue publique en fin de semaine dernière, les plaignants reviennent à la charge et exigent que les procureurs de la République motivent leur décision de ne pas donner suite à la plainte. Profitant de sa présence au tribunal de Chéraga (Alger) pour défendre un client le 4 janvier dernier, Me Kader Houali a demandé à la greffière quelle suite a été donnée à la plainte.

A sa grande surprise, il apprend que le dossier a été renvoyé au tribunal de Boumerdès pour «incompétence», sans donner plus de détails, s’étonnent les demandeurs. Deux jours plus tard, soit le 6 janvier 2020, le même avocat se présente au tribunal de Boumerdès pour connaître le sort de la plainte renvoyée par le tribunal de Chéraga. Là, il apprend que la plainte est envoyée pour «enquête».

Il est à noter que deux autres plaintes ont été déposées par les avocats de la famille Bouregaa et Mourad Amiri, «qui n’ont pas échappé, eux aussi, à la fureur de la présidente du Parti de l’équité et de la proclamation», rappelle la déclaration.

Par Arezki Louni

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.