L’Etat veut rationaliser ses affectations budgétaires

Gaspillage des ressources publiques

0 3 190

Par Abdelkader Mechdal        

Plusieurs idées sont posées pour réformer la finance publique en Algérie, dans un souci de transparence et de protection de la dépense de l’Etat, après que les pouvoirs publics ont dû constater le degré de gaspillage des ressources, qui constitue en fait un point noir dans la gestion des affaires financières de l’Etat. 

 

Une situation intolérable dans un pays où la ressource financière publique est juste suffisante pour régler les engagements dans le cadre de la réalisation des grands projets inscrits dans les programmes de développement. La conjoncture actuelle caractérisée par la grande crise qui touche l’économie mondiale a montré que ses effets néfastes ont impacté l’Algérie du fait du recul constaté dans ses opérations d’exportation des hydrocarbures, et ce, en réponse au manque de la consommation mondiale des matières premières, ce qui a fait diminuer les prix sur les marchés mondiaux, et minimiser les rentrées en devises du pays.  C’est la raison pour laquelle l’Algérie a un besoin pressant d’adopter des techniques nouvelles pour la maîtrise de sa dépense publique.

Techniquement parlant, les autorités publiques ne se sont jamais inquiétées de la rationalisation de l’utilisation de l’argent de l’Etat, au point où jamais un gouvernement n’a donné des prévisions ou des calculs précis sur l’aboutissement économique de la dépense engagée pour la réalisation des programmes publics. Dans ce cadre, le mal absolu de l’Algérie est cette incapacité des gouvernements à calculer le résultat financier de la dépense, c’est-à-dire à donner clairement leur prévision sur la possibilité de rentabiliser le financement public et à combien. Ce qui nous amène à savoir que pour chaque dollar dépensé, on saura  combien on va récupérer en retour, est-ce un dollar, plus qu’un dollar ou moins d’un dollar. Là, ce qui est sûr est, le pays se situe dans la dernière probabilité, ce qui fait qu’il est en situation de perte nette de richesse, bien que sa ressource pour la devise étrangère soit liée à la vente exclusive du pétrole.

Ce manque flagrant de transparence, alimenté de la faiblesse des institutions en charge du contrôle des actions publiques, empêche le passage à un système financier respectant la rationalisation de l’utilisation de la dépense publique. De ce fait, il est d’importance de passer à une exposition des utilisations budgétaires selon des motifs et des objectifs à atteindre, en se basant sur un calcul qui peut démontrer de la bonne affectation de ressource financière une fois les projets programmés. Une logique qui a en fait toujours échappé aux pouvoirs publics qui ne se sont pas dotés des moyens techniques et des compétences requises dans ce genre de travail, bien stratégique qu’il soit pour un pays en manque de développement. Et puis, n’est-il pas flagrant  de dépenser plus de 1 000 milliards de dollars pour se retrouver avec 15 000 zones d’ombre abritant 8.5 millions de personnes ?       

Des chiffres de résultats insoutenables, qui font que le ministère des Finances veut adopter une nouvelle méthodologie, dans le domaine de la fiscalité à même d’instaurer l’égalité devant l’impôt, et de mettre tous les opérateurs économiques devant un tableau de bord justifiant l’utilisation de la ressource fiscale. Tout Comme il sera question aussi, de dépasser la logique du budget annuel, au profit de la logique triennale, qui fait que les objectifs de l’affectation des ressources publiques auront à s’étaler sur le moyen terme, ce qui donnerait la possibilité de mettre des projections plus claires dans le domaine du développement économique et social du pays.         

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.