L’impact de la suppression de la TVA sur les prix de vente des produits finis

Filière avicole

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Par Oualid Zagaye – Université d’Oran et Khelifa Hadj-Université de Mostaganem

Ainsi le prix de vente de la viande au sein de cette société est fixé à 290 DA/ kg HT depuis 2009 dont le prix de revient varie entre 160 et 170 DA/kg. Aussi, il est difficile de mesurer l’impact de la hausse des prix de l’aliment de bétail chez l’Onab sur le prix de revient.

Le calcul de prix de revient à l’abattage se calcule comme suit : Coût de revient d’un kg du viande = prix d’achat vif / 68% + 35DA. Sachant que le prix d’achat dans le cadre du programme Syrpalac est de 150 DA/HT le poulet vif, le taux du déchet étant estimé à 32% et les frais d’abattage à 35DA/kg, le prix de revient d’un kg de viande à l’abattage est de 255 59 DA. 

  1. b) Abattoirs privés : Le calcul du prix de revient varie selon les abattoirs :

Coût de revient d’un kg du viande = prix d’achat vif / 75% + 20DA. Le prix d’achat varie selon le prix du marché (170 DA/HT le poulet vif lors de la journée du 26/05/2013), le taux de déchet varie entre 25% et 28% (sans les abats) tandis que les frais d’abattage sont de 20 DA/KG. Par conséquent, le prix de revient est de 246.66 DA/kg, le prix de vente est de 260 DA/kg et la marge bénéficiaire est de 13 33 DA/kg 

6.2 Analyse du marché 

6.2.1 Analyse de la concurrence

Compte tenu de l’absence de données statistiques devant permettre de mesurer l’offre et la demande et de connaitre les parts de marché de chaque intervenant, il est difficile de mener une étude de marché fiable et objective. Néanmoins l’analyse de ce segment de marché indique l’inexistence d’un état de monopole ou de dominance sur le marché local, et cela pour les raisons : 

– Les parts du marché calculées en fonction des capacités productrices (24100 poulets par jour) des abattoirs inscrits au registre de la direction des services avicoles de la wilaya d’Oran démontrent que la part de marché du plus grand producteur d’Oran ne dépasse pas les 30% de la production totale. 

Ceci ne permet pas de constituer une position dominante sur le marché et cela est d’autant plus vrai que la wilaya d’Oran est approvisionnée par d’autres wilayas : – en matière de poulet de chair à partir de la wilaya de Mascara et Mostaganem, pour l’œuf de consommation à partir de la wilaya de Sétif et Sidi Bel- Abbès.

– La chute et l’envolée des prix de la viande depuis le mois de février sont des indices qui dévoilent l’absence de maîtrise de ce segment de marché par les opérateurs économiques. De même qu’il est à noter que ce secteur est approvisionné par le marché informel qui perturbe la concurrence par de faibles coûts de production et par des produits de mauvaises qualités. A ce sujet, il est à noter que c‘est dans la ville de Sig (wilaya de mascara) que sont fixés les prix des viandes blanches pour toute la région d’Oran.

6.2.2 Régulation du marché 

Le Groupe avicole de l’ouest GAO doit jouer un rôle plus performant dans la régulation du marché et la maîtrise des prix de vente au consommateur. Quant à l’impact des mesures prises conformément à l’instruction ministérielle sur le prix du poulet mis sur le marché, et selon la direction de l’ONAB, la flambée des prix n’est pas liée seulement à l’augmentation de l’aliment de volaille mais aussi à d’autres facteurs tels que :

– le non-professionnalisme des éleveurs manifesté par la recherche des profits faciles et le non-respect des accords conclus dans le cadre de la triangulaire du programme Sirpalac.

– Ainsi au retrait de certains producteurs du au taux de mortalité élevé durant la canicule de l’été 2012 qui a sévi sur la wilaya. Devant cette situation, il est à noter que des insuffisances au niveau de l’offre du produit ont engendré une hausse sensible des prix. Quant aux mesures d’augmenter le prix de récupération du poulet vif prêt à l’abattage de 150 à 200 DA/ kg, cette entreprise pourrait intervenir afin d’absorber l’excédent au niveau de l’offre dans le cadre de la triangulaire du programme Syrpalac. Ceci devrait avantager l’éleveur, sachant que le prix de vente est de 140 DA le kg par rapport au coût réel de revient qui doit équivaloir à 160 DA le kg soit une perte de 20 DA selon les déclarations des professionnels de la filière. Ajouté à cela que certains éleveurs ne respectent pas les clauses du contrat surtout lorsque les prix de vente au marché sont en hausse. Donc, il paraît clairement que la fiabilité de cette mesure reste liée directement au prix pratiqué sur le marché. Vu les quantités collectées, il est à constater que l’augmentation des prix de récupération de poulet vif à l’abattage de 150DA à 200DA/kg ainsi que les mesures prises dans le cadre de l’opération Syrpalac, n’ont pas l’effet escompté. Cette échec de réguler le marché peut s’expliqué par le refus de cette entreprise de travailler les éleveurs illégaux qui dominent le marché. Il est à noter aussi que cette entreprise n’a pas de parts sur le marché de consommation des ménages (sauf durant le mois de Ramadhan) car toutes les quantités produites ou stockées sont destinées au marché des collectivités locales.

  1. Analyse de la corrélation

Le calcul du taux de corrélation «R» permet de mesurer la relation entre les intrants et les produits finis de la filière avicole, ce qui permet de mesurer l’impact de la suppression de la TVA. 

5.1 Corrélation entre la demande et les prix des intrants 

Le calcul des coefficients nous a donné les résultats suivants : – coefficient de corrélation (X ; Y) qui est de R = 0,60 est une corrélation positive, de qualité moyenne, ce qui signifie que l’augmentation de la demande du soja et du maïs ont engendré une augmentation relative moyenne des prix de l’aliment de bétail ; – coefficient de corrélation (X ; M) qui est de R = – 0,64 est une corrélation négative, de qualité moyenne, ce qui signifie l’existence d’une relation inversive entre la demande de la matière première et le prix de la viande blanche, ce qui explique aussi la surproduction des viandes blanches et par conséquent les pertes des éleveurs due à la chute des prix ; – coefficient de corrélation (Y ; M) qui est de R = 0,050 la corrélation est positive mais de très mauvaise qualité (r proche de zéro), ce qui montre que l’augmentation du prix de l’aliment de bétail n’a pas d’incidence sur le prix de la viande blanche. 

Coefficient de corrélation (T ; Y) qui est de R = 0,43 la corrélation est donc positive, de qualité moyenne, ce qui signifie que l’évolution des prix du soja et du maïs n’ont engendré qu’une incidence faible sur les prix de l’aliment de bétail.

5.2 La corrélation entre les intrants chez la Sarl CASPM

L’analyse du taux de corrélation qui est R = 0,249 dénote le faible impact de l’évolution des prix des matières premières sur les prix de l’aliment croissance. Alors, ce taux de corrélation était négatif de R = – 0,38 ce qui indique l’existence d’une relation inversive entre l’évolution des prix des matières premières et les prix de l’aliment ponte. Ces taux de corrélation montrent bien que cette entreprise n’a pas répercuté l’augmentation des prix des matières première sur le prix de l’aliment de bétail parce qu’elle était obligée de se soumettre aux prix pratiqués sur le marché. Aussi, ces taux de corrélation montrent bien le faible lien entre le coût de revient des matières premières et les prix de vente des produits finis L’analyse du taux de corrélation11 qui est R = 0,45 dénote le faible impact de l’évolution des prix de l’aliment ponte sur le prix de vente de l’œuf de consommation. Aussi, R = 0,26 est une corrélation positive, de faible qualité, qui signifie que l’évolution des prix de l’aliment croissance ne suit pas l’évolution du prix du poussin.

A suivre

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