L’importation des véhicules d’occasion, ce n’est pas pour demain

Loi de finances 2020

0 145

L’arrivée de l’année 2020 a suscité des espoirs chez beaucoup d’Algériens qui ont espéré l’entrée en vigueur de la disposition permettant l’acquisition des véhicules de moins de 3 ans. Si la loi de finances 2020 entre en application dès les premiers jours de l’année, la disposition liée à l’importation des véhicules d’occasion tarde à voir le jour.

Selon des informations émanant du ministère des Finances, la loi ne sera pas appliquée de sitôt. La raison ? Selon la télévision publique, les lois d’applications sont en train d’être élaborées. Pour cela, trois ministères s’associent. Il s’agit bien sûr des Finances, du Commerce et des Affaires étrangères. Les textes d’application vont notamment définir les types de véhicules et les caractéristiques qui doivent être réunies pour les acquérir. Il s’agit notamment de limiter le kilométrage de circulation, le type de carburant –pour éviter des véhicules polluants par exemple. Pour éviter que l’importation des véhicules de moins de 3 ans ne donne lieu à du business, le quota de chacun des importateurs doit être limité. Des sources évoquent la possibilité de chaque citoyen d’importer uniquement un seul véhicule tous les cinq ans. C’était le procédé utilisé avant que la mesure ne soit supprimée en 2005.

Selon les tarifs affichés par les revendeurs de voitures d’occasion, notamment en France, il sera difficile pour une majorité d’Algériens d’acquérir un véhicule de l’étranger. A cause notamment de la dévaluation du dinar, les prix des voitures d’occasion de moins de 3 ans d’âge peuvent parfois être supérieurs à ceux des voitures neuves assemblées en Algérie. C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré Abderrahmane Achaibou, concessionnaire et ancien président de l’association des concessionnaires. À l’importation, une voiture de moins de trois ans «ne revient pas forcément moins cher qu’un véhicule neuf», avait-il dit dans une déclaration publique. D’abord, parce que le véhicule d’occasion «ne bénéficiera vraisemblablement d’aucune garantie, et ne sera plus géré par le concessionnaire d’origine, ce qui poserait problème en cas de campagne de rappel du constructeur, qui touche parfois la sécurité de l’utilisateur».

Selon les détails fournis après l’élaboration de la loi de finances 2020, des voitures à motorisation essence sont autorisées à l’importation. Elles doivent cependant être obligatoirement équipées (ou adaptées) du dispositif GPL/GNC. Ceci inclut les véhicules à essence et au cylindre égal ou supérieur à 1 800 cm3.

Concernant les véhicules à motorisation diesel, seuls les cylindres égaux ou supérieurs à 2 000 cm3 (2 litres cubes) sont autorisés à l’importation, selon le journal électronique Algérie-Eco.

En outre, le gouvernement algérien a imposé d’autres conditions relatives à l’importation des voitures d’occasion (moins de 3 ans). Les Algériens souhaitant acquérir une voiture d’occasion devront s’acquitter des droits et taxes relevant du régime de droit commun. Cependant, ils seront autorisés à le faire qu’une seule fois tous les trois ans.

Dans le même sillage, l’importation d’un véhicule d’occasion (moins de 3 ans) par un Algérien se fait avec ses devises propres (capital de l’acquéreur), à travers le débit d’un compte bancaire devises domicilié en Algérie. Le but étant de permettre aux autorités de garder une traçabilité de l’argent et bloquer les transferts illicites de capitaux.

Pour éviter que la situation n’échappe aux responsables, des professionnels préconisent la création de sociétés spécialisées. «Il serait utile, que l’activité d’importation et distribution des véhicules d’occasion soit confiée à des concessionnaires spécialisés en vertu d’un cahier des charges bien défini», a proposé Achaibou. Ce qui n’est visiblement pas prévu.

Par Essaïd Wakli

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.