L’incertitude plane sur les plans de relance de la Bourse d’Alger

Les autorités face à une faible marge de manœuvre

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Par Abdelkader Mechdal        

Le timing choisi par les autorités, pour la relance de l’adhésion des entreprises au marché financier, reste problématique vu que l’économie en général, et les opérateurs économiques en particulier vivent une phase difficile, ne permettant aucunement de refléter les opportunités réelles que les projets cherchant après un financement extra-bancaire, peuvent démontrer en temps normal, c’est-à-dire post-coronavirus et après le rétablissement de la situation économique et le retour à la croissance.

 

Insister sur les éléments qualitatifs en relation avec les résultats financiers positifs est l’essence même de l’activité du marché financier qui est la Bourse d’Alger, comme c’est le cas d’ailleurs, des institutions similaires à travers le monde. Et puis, la réglementation concernant la gestion de l’émission des titres financiers à vendre sur le marché prend en compte la garantie des intérêts des souscripteurs pour encourager les opérations d’achat, et la rentabilisation de l’épargne du grand public, puisque l’incitation doit convaincre de la faisabilité de prendre le risque en relation avec la prise de participation dans le capital des entreprises cotées en Bourse.

Ainsi, dans les conditions que tout le monde connaît, il est difficile de convaincre de la bonne prise de décision quant au placement de l’épargne dans le portefeuille des entreprises concernées par l’ouverture de leur capital en Bourse, vu que l’incertitude est maître-mot sur le marché, ce qui fait que la décision d’élargir l’adhésion de nouvelles entreprises privées va confronter cette réalité caractérisée par la chute généralisée des résultats financiers, même si l’autorité autorisant l’adhésion veut alléger les conditions en relation avec ces résultats, pour permettre l’ouverture du capital des entreprises qui ont formulé dès le début de l’année 2019, une demande officielle pour relever des fonds de chez l’épargne des entreprises et des individus.

Un programme, dans le sens d’ouvrir les portes de la Bourse d’Alger aux entreprises publiques et privées, avait été lancé par les responsables de l’institution financière dès 2016, qui voulait arriver à plus d’offres de titres pour activer les transactions sur le marché, et ce, suite au constat de la faiblesse de la valeur transigée. Une situation qui trouve son explication dans la tendance générale qui veut que les détenteurs des titres se comportent comme des épargnants et non comme des investisseurs, qui dans le temps auront à vendre leurs titres en vue d’arriver à consolider leurs gains. Toutefois, l’offre sur le marché ne dépassant pas 5 titres seulement ne constitue pas des opportunités de transaction au profit du public, ce qui pousse chaque détenteur de ces titres à s’abstenir de vendre, considérant que les dividendes annuels perçus sont suffisants pour l’obtention d’un niveau de profit qui est en fait beaucoup plus important que ce qui est disponible sur le marché de l’épargne surtout en référence aux faibles taux de rémunération proposés par les banques.  

En tout état de cause, il faut remarquer que la Bourse d’Alger dans son allégement des conditions qu’elle propose pour l’adhésion des entreprises, comme une facilitation en procédant à la révision vers la baisse du niveau des résultats financiers exigés auparavant, en vue de compenser les problèmes dus à l’arrêt d’activité en temps du Covid-19, donne beaucoup à réfléchir chez les investisseurs potentiels, qui auront à rechercher des garanties supplémentaires pour l’engagement dans des opérations d’achat, chose qui est loin d’être acquise.  

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