L’ONU a-t-elle échoué à protéger les Sahraouis ?

Sahara Occidental

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Par Arezki Louni 

Le retard dans la désignation d’un nouvel envoyé spécial pour le Sahara Occidental en sus du silence sur les dépassements successifs dans les territoires sahraouis occupés remet en cause l’Organisation des Nations unies. 

 

Des appels incessants pour le règlement du dossier sahraoui, ne semble pas avoir attiré l’attention de l’Organisation présidée par M Guterres. En effet, le  Groupe de soutien de Genève pour la protection et la promotion des droits de l’Homme au Sahara Occidental (Gagppdhso), déplore  l’échec de l’ONU dans son mandat de protection des droits fondamentaux du peuple sahraoui, regrettant «la tendance» de l’Organisation onusienne à «sous estimer» les violations graves commises par le Maroc. Dans une lettre ouverte adressée aux membres du Conseil de sécurité, le Groupe, qui compte 250 ONG, déclare avoir pris note du rapport du secrétaire général Antonio Guterres sur la situation au Sahara Occidental et estime «nécessaire de rappeler certains principes fondamentaux du droit international et les décisions prises par différents organes des Nations unies et de l’Union africaine». Par ailleurs, le Groupe relève avec «regret» que le secrétaire général de l’ONU a «tendance à sous-estimer les infractions graves et persistantes du droit humanitaire international qui se produisent dans le territoire occupé du Sahara Occidental, y compris le pillage illégal des ressources naturelles sahraouies», ajoutant qu’il «ne semble pas non plus se préoccuper de la nomination d’un nouvel envoyé personnel». Le Groupe déplore également que le «Comité spécial de la décolonisation n’estime pas nécessaire de demander une visite sur le terrain, alors que l’assemblée générale, après avoir déploré l’occupation du territoire (résolutions : 34/37 et 35/19), «se borne à un rôle de spectateur» et ne juge pas utile, d’exiger l’application de ces résolutions pertinentes en la matière, bien au contraire, elle a élu la puissance occupante comme membre du Comité spécial de la décolonisation». Quant au Bureau du Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, il continue d’ignorer les appels au renforcement de la coopération avec le représentant légal du peuple du Sahara Occidental, le Front Polisario, s’indigne le Groupe de soutien de Genève. Dans sa missive, le Groupe désapprouve également que le Conseil de sécurité onusien «semble oublier les termes de sa résolution 690 et approuver l’occupation illégale et l’annexion du territoire par le Royaume du Maroc en mettant sur un pied d’égalité les victimes et les auteurs, ceux qui affectent l’application du droit international». Le Groupe estime, par ailleurs, que l’ONU devrait demander à la puissance occupante, d’ «accorder le libre accès au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) aux défenseurs sahraouis des droits de l’Homme détenus dans les prisons marocaines et de transférer ces détenus au Sahara Occidental». Le Conseil de sécurité devrait demander également à la puissance occupante de «donner libre accès au territoire occupé au Bureau du Haut Commissaire aux droits de l’Homme et aux procédures spéciales du Conseil des droits de l’Homme, à leur demande». Le Groupe de soutien exige aussi du Conseil de sécurité d’«inclure un chapitre sur la surveillance des droits de l’Homme dans le mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara Occidental (Minurso)». Le Conseil devrait surtout «déclarer illégale la présence de consulats dans le territoire occupé du Sahara Occidental, ainsi que la récente annexion des eaux territoriales du Sahara Occidental».

 

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