L’Opep s’incline et reconnaît sa défaite

Face au pétrole de schiste américain

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La politique de Donald Trump qui a fait son électorat avec «America first», semble porter ses fruits. Son exubérance, tant décriée, a fait porter l’économie américaine à un point très haut. Le plein emploi atteint des records et tous les économistes et observateurs s’accordent à dire, que ce qui était considéré comme des élucubrations, présage des actions du président américain, très fortes. 

 

Au centre de cette politique : l’énergie. Au risque de faire dépérir la planète, Trump a autorisé et faciliter l’exploitation du pétrole de schiste. Une décision redoutée par l’Opep. Dans son rapport annuel, l’Organisation anticipe une baisse de la demande pour son pétrole. La production américaine devrait à l’inverse exploser à 22,8 millions de barils par jour. De son côté, l’EIA, l’Agence fédérale de l’énergie américaine, estime que la demande augmentera de 1,4 million b/j et que les Etats-Unis vont extraire 13,23 millions b/j en 2020 soit 1 million b/j de plus que cette année.

Selon beaucoup d’observateurs, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se prépare à des jours de vaches maigres. Celle-ci, a nettement revu à la baisse ses prévisions pour la demande de son pétrole brut alors même que les besoins en or noir vont continuer de progresser. Selon son dernier rapport annuel, l’Organisation estime qu’elle va vendre chaque année 7% de moins d’or noir. La demande pour son pétrole va ainsi passer d’environ 35 millions de barils par jour à 32,7 millions en 2023.

Le responsable de ce déclin se situe toujours outre-Atlantique. Selon ce même rapport, «Le principal facteur à moyen terme de la croissance de l’offre hors-Opep demeure l’explosion du pétrole américain». Rien que pour le schiste, les Etats-Unis vont pomper jusqu’à 17 mb/j d’ici à 2025 estime l’Organisation, soit 40% de plus qu’aujourd’hui. Au total, la production américaine culminera à 22,8 mb/j et représentera près de 20% de l’offre mondiale, et la part de l’Opep va continuer de décroître face aux Etats-Unis

Les pays de l’Opep sont d’autant plus sous pression que le niveau actuel des prix, autour de 60 dollars le baril de Brent, ne leur permet pas d’équilibrer leur budget. Selon le Fonds monétaire international, l’Arabie Saoudite doit vendre ses barils à 83,6 dollars en moyenne pour que la manne pétrolière suffise à équilibrer ses comptes publics en 2020.

Ces prévisions entérinent l’échec de la stratégie de l’Organisation pour stabiliser le marché et préserver ses parts de marché. Laisser filer les cours n’a pas permis d’écarter durablement la menace du schiste. Et la politique de quotas pour soutenir les prix montre ses limites : en faisant monter les cours, les Américains recommencent à extraire massivement du brut.

L’Opep se trouve face à une période difficile. En effet, ce week-end, le pétrole a fortement chuté.

Les cours de l’or noir trébuchent. Les prix du pétrole ont terminé en nette baisse mercredi sous la pression de la hausse bien plus forte que prévu des stocks de brut aux Etats-Unis. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier a reculé de 1,22 dollar ou 1,9%, pour finir à 61,74 dollars. A New York, le baril de WTI pour décembre a perdu 88 cents ou 1,5%, à 56,35 dollars. Les prix tentent toutefois de se redresser

Les données hebdomadaires de l’Agence américaine d’information sur l’energie (EIA) sur les stocks de produits pétroliers aux Etats-Unis ont fait retomber les cours. Selon ce document, les réserves commerciales de brut ont gonflé de 7,9 millions de barils lors de la semaine achevée, le 1er novembre, là où les analystes interrogés par Bloomberg anticipaient une hausse seulement de 2 millions de barils.

Alors que le Brésil se dit prêt à rejoindre l’Opep, l’Organisation et ses partenaires, dont la Russie, vont se rencontrer à Vienne pour discuter de nouvelles réductions de production. Les risques, d’une escalade dans la guerre commerciale entre Washington et Pékin, qui pesait sur les prix, sont certes plus diffus, mais «sans de nouvelles coupes de la part de l’Opep, il existe toujours un risque de surproduction substantielle au premier semestre 2020», soulignent les analystes de Commerzbank. Pour la période à venir, selon des analystes, l’Opep et ses alliés devront faire plus de compromis, et ce, d’autant plus que la réduction des quotas n’a eu que peu d’effet sur les prix.

 

Par Réda Hadi 

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