«L’urgence est de relancer la machine de production»

Abderrahmane Hadef, expert en économie

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Avec l’inquiétude grandissante par rapport à la situation économique du pays et le choix que les pouvoirs publics doivent faire entre politique conjoncturelle ou l’option structurelle, il est nécessaire d’entamer un travail de sensibilisation envers l’ensemble des parties prenantes à commencer par le simple citoyen, a affirmé l’expert en économie, Abderrahmane Hadef.  Il s’agit, en effet, de préserver, avant tout, et surtout d’améliorer sa qualité de vie.

 

A ce sujet, il est urgent, estime-t-il, d’aller vers la création d’un consensus national pour mettre en place les meilleures conditions permettant un passage dans le calme et la sérénité durant cette période qu’il faut reconnaître comme critique.

«Une entente sur la nécessité de rassembler tous les efforts et unir les forces pour pouvoir relancer une économie frappée d’une totale inertie et envahie par le doute et la crainte est impérative. L’urgence doit aller vers la mise en valeur de l’ensemble des atouts pour pouvoir redémarrer rapidement la machine de production», a-t-il souligné, avant de mettre l’accent sur la nécessité de redonner la confiance aux opérateurs économiques ainsi qu’aux responsables publics.

Les entreprises tous types confondus et dans l’ensemble des secteurs doivent retrouver un climat propice et surtout encourageant.
Des secteurs comme l’agriculture, le bâtiment, l’industrie de transformation (agroalimentaire, matériaux de construction etc.) doivent rapidement retrouver de l’activité à travers une commande qui permettra à terme de pouvoir permettre a ces entreprises d’amorcer un plan de charge, a-t-il suggéré.

Le secteur du commerce et plus particulièrement le commerce du gros doit dorénavant évoluer vers un fonctionnement qui le rapproche avec les pratiques officielles et quitter progressivement la sphère informelle qui a assez faussé les équilibres économiques du pays. 

«Aujourd’hui, les acteurs de la grande distribution surtout dans sa filière gros doivent faire preuve d’un minimum de sens de patriotisme économique et accepter de se conformer à la réglementation en termes de traçabilité et de déclaration des transactions. La fraude et l’évasion fiscale doivent être réduites au plus bas niveau. Les intervenants dans cette sphère doivent accepter le retour à la normale et se détacher de cet égoïsme qui a assez pris en otage l’économie nationale», a-t-il suggéré.

Dans un autre registre, les banques doivent se mettre au service de l’économie comme un maillon de soutien et de régulation. 

Elles sont, en effet, appelées à travailler à améliorer à la fois les offres en produits financiers et en même temps à capter l’épargne à partir de l’ensemble des sources possibles. Parallèlement, le personnel travaillant dans le secteur bancaire et plus particulièrement le Top Management, poursuit-il, doit évoluer dans un environnement apaisé loin des contraintes et des risques de criminalisation pour pouvoir être vraiment au service des partenaires favorisant par là, la création d’un marché financier aux normes et pratiques internationales.

La relance de la machine de production devient aujourd’hui une responsabilité générale qui interpelle tous les acteurs. «C’est seulement à travers une réelle volonté et un engagement total que le salut viendra. Que chacun de nous prend sa responsabilité et assume son rôle en se mettant au seul service de la partie. L’amour de ce cher pays nous dicte le devoir de sacrifice et l’obligation de nous soumettre pour qu’il vive et qu’il retrouve le chemin du progrès pour une Algérie Nouvelle et émergente», a-t-il conclu.

Par Zahir Radji

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