Macron et Merkel proposent à l’UE un «audacieux» plan de relance de 500 milliards d’euros

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Par Courrier international 

Paris et Berlin ont proposé lundi 18 mai la création d’un fonds de relance pour aider l’Union européenne à surmonter la crise historique engendrée par le coronavirus, via un mécanisme inédit de mutualisation de la dette européenne. Pour la presse, cette initiative marque la rupture d’un tabou allemand sur l’endettement et l’espoir d’une relance du projet européen.

C’est un signe d’optimisme au milieu de la tempête. La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron ont «tissé [lundi] les contours de leur vision commune de l’Europe qui se relève de la crise sanitaire, via la création d’un fonds de relance de 500 milliards d’euros sous forme d’une réelle solidarité envers les pays les plus touchés par la crise sanitaire», rapporte le quotidien belge Le Soir.

Dans une déclaration commune diffusée lundi, Paris et Berlin proposent que ce soutien soit financé par des emprunts de la Commission sur les marchés «au nom de l’UE». L’argent sera ensuite reversé en «dépenses budgétaires» aux pays européens et «aux secteurs et régions les plus touchés». Lors d’une conférence de presse avec la chancelière, Emmanuel Macron a précisé qu’il ne s’agirait pas là de «prêts» mais de «dotations» directes aux pays les plus touchés.

«La fin de léthargie du couple franco-allemand et de certains «tabous»

Pour Le Soir, cette «concession» marque la fin de la «léthargie du couple franco-allemand» et de certains «tabous». Un tel plan constitue notamment un pas inédit vers une mutualisation de la dette au niveau européen, à laquelle Berlin mais aussi des pays de l’Europe du Nord ont longtemps été hostiles.

«Cette initiative audacieuse de la part de la France et de l’Allemagne est une tentative de sortir de l’impasse la Commission européenne et sa présidente, Ursula von der Leyen, qui ont eu du mal jusqu’ici à trouver un plan de relance européen capable de faire consensus», rappelle Steven Erlanger, correspondant du New York Times à Bruxelles. «Si les autres pays membres acceptent le plan franco-allemand, cela marquera une étape majeure vers une Europe plus unifiée et ce sera le signe que la pandémie peut avoir pour effet de resserrer le bloc plutôt que de le faire éclater.»

«Une catastrophe nécessaire» pour relancer l’UE

«Sans crise, il n’y aurait pas de mouvement – une catastrophe était nécessaire pour montrer à l’UE que son existence risquait de prendre fin», estime quant à lui le journaliste de la Süddeutsche Zeitung Stefan Kornelius dans un éditorial. «Pour Berlin et Paris : assez de marchandage, il faut agir. La formation de camps au nord et au sud […] paralysait l’Europe. Emmanuel Macron et Angela Merkel ne pouvaient plus continuer à se cacher derrière Rome ou La Haye», analyse-t-il. Paris et Berlin «ont changé la situation : leur puissante alliance au milieu de l’UE met désormais les autres membres sous pression.»

Si l’accord franco-allemand marque «une percée majeure», il doit encore être «approuvé par la totalité des membres de l’UE, un processus qui promet d’être tortueux», note Politico. «Certains pays comme l’Autriche, les Pays-Bas et la Finlande, qui partagent avec l’Allemagne une tradition de parcimonie, risquent fort de s’opposer au plan.»

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