Mettre un terme à la dominance du politique comme condition au décollage

Climat des affaires et performance de l’économie algérienne

0 72

Parmi les éléments précurseurs d’un meilleur climat des affaires, dans un pays comme l’Algérie, est de séparer entre l’exercice politique et celui de la création de la richesse, pour mieux se concentrer sur la vocation purement économique des agents investisseurs et producteurs, ce qui aurait un seul aboutissement qui est celui de diversifier l’économie. La fonction exclusive, de ceux qui dirigent le volet politique, est d’accompagner sans ingérence les opérateurs sur le marché dans le sens de leur faciliter la tâche, et non de les impliquer dans des actes qui ne les concernent pas.

Le cas des organisations patronales en Algérie est édifiant, puisqu’on a assisté à cette métamorphose qui s’est voulue de passer de l’état des opérateurs professionnels défendant leurs intérêts et ceux de l’économie nationale, à celui des opérateurs au service des décideurs politiques, chose qui n’a servi en définitive, ni l’économie ni l’exercice politique saine, ce qui fait perdre au pays davantage de temps pour assurer un décollage économique tant attendu, surtout dans ces conditions de crise qui a abouti à un exercice déloyal de la gestion des affaires de l’Etat.

Parmi les bonnes pratiques qui ont été développées par quelques organisations patronales, l’instauration de la compétition entre leurs membres en décernant un prix annuel pour le meilleur gestionnaire tant en secteur privé qu’en secteur public, et c’était là une occasion pour évaluer à sa juste valeur, la contribution des entreprises dans l’amélioration des performances, à la production, l’investissement, l’exportation et la création d’emploi. Cette grande occasion annuelle permettait en fait d’avoir plus de visibilité quant à la réalisation des business plans, et de là, développer plus de transparence concernant les pratiques sur le marché national en adéquation avec les exigences d’une économie de marché.

Seules ces conditions liées à la transparence, qui pouvaient constituer les éléments d’un meilleur climat des affaires dans le pays, et un élément d’attractivité et d’incitation aux investissements directs étrangers, et ce, en plus de l’assise réglementaire qui doit jouer en faveur de la facilitation de la réalisation des projets, en compétition avec ce qui se fait dans les pays concurrents. Donc, dans des conditions où les opérateurs économiques ont été incités à mettre de côté ce genre de bonnes pratiques, pour adhérer à un projet puisant dans la rente pétrolière en exclusivité. En résultat, on a dû constater que beaucoup d’industriels qui se sont fait un nom dans le marché interne et à l’exportation, ont renoncé à leurs projets en se convertissant en réalisateurs des projets de l’Etat, liés à la dépense publique. Ce changement de conditions pour la croissance a pris au fil du temps en otage, toute l’économie nationale puisque si la dépense publique va bien, tout va bien et si elle fait défaut tout suivra aussi, pour arriver à une situation où les rentrées de l’Etat sont en recul, et la croissance tend à zéro à moyen terme. Une vraie crise du modèle de croissance étatique, qui ne trouvera d’issue qu’en retournant à la vérité du marché.       

Abdelkader Mechdal

Economiste

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.