Mise en garde des spécialistes

Discours haineux et régionalistes sur les réseaux sociaux

0 56

Des sociologues et des universitaires ont mis en garde contre la recrudescence des discours haineux, racistes et à caractère régionaliste sur les réseaux sociaux, estimant que les instructions données par le président de la République au Premier ministre, afin d’élaborer un projet de loi visant à juguler ce phénomène, intervenaient à point nommé en vue de réprimer les individus impliqués dans de tels dépassements.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune avait instruit le Premier ministre, Abdelaziz Djerad d’élaborer un projet de loi criminalisant toutes formes de racisme et de régionalisme ainsi que tout discours de haine dans le pays.

Cette mesure intervient «après avoir constaté une recrudescence du discours de la haine et de l’incitation à la fitna (discorde), notamment à travers les réseaux sociaux», explique le communiqué de la Présidence de la République, ajoutant qu’elle «intervient aussi dans le but de faire face à ceux qui exploitent la liberté et le caractère pacifique du Hirak (mouvement populaire) pour brandir des slogans portant atteinte à la cohésion nationale».

Ainsi, l’enseignante spécialisée en analyse sociale, Zahra Fassi, a indiqué à l’APS que ce phénomène avait pris «des proportions alarmantes» dans l’incitation à la fitna au sein de la société à une période sensible, où les Algériens aspirent à la paix, en ce sens que certaines pages sur Facebook notamment, souvent suivies par un grand nombre de personnes, ont participé à la désinformation et à la diffusion de fake news, de fausses accusations et la promotion de certains slogans brandis dans la rue par certains groupes inconscients des réalités et qui vont à contre-sens, en l’absence d’une information crédible à assurer au citoyen».

L’élaboration d’un projet de loi criminalisant toutes formes de racisme et de régionalisme, et tout discours de haine, conformément aux instructions du président de la République, «intervient à point nommé, au moment où des nationalistes et des hommes nobles et libres subissent une grande injustice, avec la complicité de parties malveillantes financées par les ennemis de l’Algérie», comme le démontrent si bien les vidéos postées par certains instigateurs contre l’intérêt du pays, a-t-elle expliqué.

Elle a mis en garde contre l’incidence du contenu de certaines pages sur les jeunes «qui ont tendance à croire tout ce qui est publié sur Facebook».

De son côté, le professeur Samir Imer a estimé que «la mauvaise utilisation de la liberté d’expression par certaines personnes qui utilisent souvent des pseudonymes sur les réseaux sociaux a engendré de graves phénomènes dont la fitna (discorde), la violence et le racisme» ce qui implique, a-t-il dit, «l’élaboration d’un cadre juridique rigoureux pour réprimer les auteurs de tels dépassements autres que lois existantes qui n’ont donné aucun résultat probant».

Pour sa part, l’enseignant en sociologie à l’université de Sétif 2, Zine Eddine Kherchi, a souligné que les phénomènes de racisme et de régionalisme ainsi que les discours de haine «renferment des messages politiques qui ne peuvent être traités qu’à travers la loi», telle que démontré par plusieurs expériences internationales.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.