«Notre islam dérange !»

Abderrazek Guessoum au forum d’El-Wassat

0 71

Le président de l’Association des oulémas, Abderrazek Guessoum, a fait savoir que la position et la ligne de conduite de leur organisation dérangeaient certaines parties du pouvoir par le passé.

 

S’exprimant lors du forum hebdomadaire  d’«El-Wassat», M. Guessoum a indiqué que son organisation a été victime d’une marginalisation exercée sur elle et sur ses membres par l’ancien régime qui a écarté l’association des oulémas de tout débat ou consultations politiques concernant l’avenir de notre pays. 

Dans ce cadre, il a précisé que son organisation est «apolitique» et refuse d’être sous la main d’une quelconque tendance politique. «Nous sommes privés de tout. Nous n’avons même pas un siège digne à une Association d’oulémas qui reste fidèle à ses principes. Nous n’avons jamais bénéficié de subvention de l’Etat et nous ne sommes pas écoutés sur les questions nationales. On dirait que notre islam dérange !», a déploré M. Guessoum. Et de préciser : «La politique chez nous a une définition triptyque spécifique : l’islam, l’unité nationale et l’arabe comme langue officielle».

Questionné sur sa rencontre avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, M. Abderrazek Guessoum s’est d’abord félicité de cette invitation considérée comme un hommage à l’Association des oulémas, digne héritière à l’imam Abdelhamid Ibn Badis.

« Le Président Tebboune doit être le président de l’ensemble des Algériens. Nous le remercions, d’ailleurs, par cette invitation qui met fin à des années d’exclusion de notre association», a-t-il dit, tout en mettant l’accent sur la nécessité de poursuivre le dialogue avec toutes les couches de la société pour le règlement des conflits et participer à l’élaboration d’une nouvelle Constitution répondant aux aspirations du peuple. 

M. Guessoum a, en outre, expliqué qu’il a présenté les visions de l’organisation des oulémas pour la promotion et la consolidation de la langue arabe, la gestion et nomination de la grande mosquée d’Alger et la création d’une haute instance de la Fatwa. 

Sur ce point, l’invité de notre confrère El-Wassat a affirmé, que l’Algérie a besoin de cette instance pour la préservation de notre islam et de notre secte malékite, notamment devant l’apparition de nouvelles tendances islamiques qui n’ont pas de place ici en Algérie. Il a également fait savoir qu’une mouture de la nouvelle Constitution sera transmise à l’Association pour son enrichissement. 

Evoquant le secteur éducatif, M. Guessoum a appelé à la révision du système actuel, tout en faisant appel à la compétence nationale. «Nous avons demandé à l’ancienne ministre de nous accorder un agrément pour la création d’une école type de l’Association des oulémas, mais elle a refusé !», a-t-il conclu.

Par Zahir Radji

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.