«Notre objectif est de créer un terrain favorable pour accroître les échanges bilatéraux en termes d’investissement»

Riadh Attia, chef de la mission commerciale tunisienne en Algérie

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Riadh Attia, le chef de la mission commerciale tunisienne à Alger, qui a participé récemment aux rencontres professionnelles tuniso-algériennes à Constantine a accordé un entretien au quotidien national «Le Chiffre d’Affaires» dans lequel, il a développé les perspectives de coopération bilatérale entre les deux pays. M. Attia a évoqué les  possibilités d’investissement, ainsi qu’un état actuel des lieux des échanges commerciaux entre l’Algérie et la Tunisie, ainsi que les résultats des rencontres professionnelles algéro-tunisiennes.

LCA : quel  est le taux des échanges commerciaux entre l’Algérie et la Tunisie en 2019 ?  

Riadh Attia : le dernier état des lieux montre que l’Algérie a exporté 3 fois plus vers la Tunisie. La balance commerciale est donc favorable à la partie algérienne, car durant ces dernières années, l’Algérie s’est classée au cinquième rang des pays importateurs vers  la Tunisie. Je n’ai pas les derniers chiffres pour l’année 2019, mais je sais que l’Algérie a récemment exporté pour près de 900 millions d’euros, tandis que la partie tunisienne a exporté environ 300 millions d’euros de produits vers votre pays

Ainsi, on peut conclure qu’il y a une augmentation significative en termes de commercialisation des produits algériens en Tunisie que nous essayons de diversifier nos importations vers le partenaire algérien, qui est pour nous un partenaire économique stratégique en espérant que les projets de partenariat renforceront ces échanges bilatéraux pour un meilleur développement économique dans la région du Maghreb.

Sachant que la Tunisie a un savoir-faire dans plusieurs domaines, est-il possible de développer un partenariat sérieux dans le créneau du bien-être ?

D’après  mes connaissances, de nombreux entrepreneurs algériens spécialisés dans l’industrie des cosmétiques et même des fabricants de produits pharmaceutiques algériens souhaitent investir dans le créneau du bien-être avec leurs homologues tunisiens en développant leurs investissements. De plus, les produits cosmétiques importés de l’étranger en Algérie sont surtaxés et, compte tenu de tous ces éléments, le contexte est favorable à ce type d’activité et d’investissement. D’ailleurs, nous avons remarqué au cours de plusieurs réunions «B to B» des opportunités de partenariat pour créer des projets communs dans ce créneau très prometteur.

Justement c’est l’objectif escompté lors de la visite des 23 entreprises tunisiennes récemment en Algérie. En effet, à l’issue de ces rencontres tenues, nous avons constaté que de nombreuses sociétés tunisiennes spécialisées dans les cosmétiques ont eu des promesses de projet et des contacts sérieux avec des  industriels algériens spécialisés en cosmétique et même par des producteurs pharmaceutiques.

A tire d’exemple, je cite la société magrébine SMPNOBLES  spécialisée dans la fabrication de produits cosmétiques naturels à base d’huiles essentielles bio, qui  intéresse les investisseurs algériens. Il est clair aussi que la partie algérienne souhaite développer un partenariat sérieux avec des laboratoires tunisiens spécialisés dans la formulation et la fabrication de produits cosmétiques, aromathérapie, phytothérapie, thalassothérapie et hygiène personnelle à base d’ingrédients naturels. À mon avis, il y a des industriels algériens très désireux d’atteindre cet objectif, à savoir créer ce type de laboratoires chez eux.

Enfin, parlez-nous de la participation de 23 entreprises tunisiennes aux dernières rencontres professionnelles tuniso-algériennes qui se sont tenues à Constantine ?

Cette participation a été enregistrée dans le cadre du salon international «Siha Africa», à travers des rencontres professionnelles qui ont eu lieu, regroupant 23 entreprises tunisiennes et quelque 40 représentants d’entreprises algériennes. Tous ces professionnels sont versés dans le secteur du «bien-être», de la santé. Autrement dit, il y avait parmi eux des cliniques, des agences d’aide médicale, des sociétés d’équipement médical, des sociétés spécialisées dans la médecine chinoise, des centres de formation et des fabricants de cosmétiques «bio». Toutes ces entreprises participantes se sont mises d’accord sur un objectif unique, à savoir celui de créer un espace de réunions et de concertations  sur les possibilités de coopération et de complémentarité dans toutes les directions, y compris la coopération technique ou celle de l’ordre scientifique. Nous pouvons donc dire qu’il existe de nombreuses possibilités d’échange entre les deux pays dans les domaines cités, et ce, dans une logique «gagnant-gagnant». En outre, nous avons pris note des nombreuses opportunités d’investissement à exploiter. 

Entretien réalisé par Chahinez  Djahnine

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