«Nous disposons des moyens pour lancer le concept du tourisme médical en Algérie»

Le Dr Yassine Fersadou, organisateur du «Siha Africa» au «Chiffre d’Affaires»

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Entretien réalisé par Chahinez Djahnine 

En vue de lancer le concept de tourisme médical en Algérie, l’hôtel Marriott à Constantine a abrité depuis jeudi dernier (21 novembre) la première édition du salon de la santé, du bien-être et du tourisme médical «Siha Africa», dont les travaux ont pris fin samedi. Cette première édition a vu la participation d’entreprises nationales, dont 23 tunisiennes en tant qu’invitées d’honneur.

À cet effet, l’organisateur du salon, le Dr Yassine Fersadou, qui est  également propriétaire de l’agence «Maâcom», a développé dans cet entretien accordé au quotidien «Le Chiffre d’Affaires», le but de ce salon et les enjeux du tourisme médical à Constantine ainsi que les perspectives du développement du créneau  du bien-être en Algérie. 

LCA : Docteur, parlez-nous de l’objectif de cette manifestation médicale qui englobe plusieurs activités ?  

Dr Yassine Fersadou : c’est le salon de la santé, du bien-être et du tourisme médical, qui englobe pratiquement toutes les disciplines et les secteurs de la santé. Nous avons reçu 40 exposants qui sont spécialisés dans différents domaines, notamment  des cliniques, des sociétés de prestations de services, des compagnies d’assurances, des représentants de banques, ainsi que des spécialistes en e-santé. Nous avons également accueilli des spécialistes en nutrition qui devront assurer une formation aux médecins participants.

De plus, lors de ce salon international, des communications scientifiques sont programmées, dont le but est d’inculquer, aux différentes structures et institutions et aux praticiens, le concept du tourisme médical, et aussi pour  initier les médecins nationaux des avancées en termes de chirurgie esthétique, et de médecine de nutrition, enfin tout ce qui est relation avec la profession du bien-être. Assurément, le créneau du bien-être connaît actuellement un grand engouement, car les Algériens sont de plus en plus intéressés par ce genre de soins. Il faut reconnaître que nos établissements offrent une bonne prestation  médicale sur le plan pratique et logistique, en planifiant la prise en charge et l’assistance aux patients dès le début jusqu’à la fin du séjour médical, et nous concrétisons le concept de tourisme médical chez nous. Autrement dit, les établissements privés et les cliniques s’améliorent en termes d’étude des dossiers des patients. A titre d’exemple, un patient étranger bénéficie d’un traitement particulier dès le début jusqu’au rendez-vous à la clinique où il  subira les soins effectifs. Ces cliniques algériennes sont en mesure d’accueillir des patients de différentes nationalités

Il est clair que l’enjeu est très important, car si le tourisme médical se concrétisera chez nous, avec les moyens dont nous disposons actuellement notamment à Constantine, cela nous permettra facilement à l’avenir de recevoir des patients africains pour des séjours médicaux. D’ailleurs, c’est pour cette raison que nous avons invité les compagnies d’assurances nationales à prendre part à ce salon, aux fins de leur faire comprendre l’enjeu de la généralisation du produit «assurance du patient» lorsque ce dernier se fait soigner à l’étranger. Je dois vous informer que les Africains se rendent en Tunisie ou en Turquie pour ces soins. Ce sont leurs compagnies d’assurances qui paient les frais des prestations de leur prise en charge médicale. Et c’est la raison pour laquelle, nos cliniques privées doivent apprendre le concept de tourisme médical afin d’attirer ces patients africains chez nous, et aussi d’apporter une valeur ajoutée à notre économie. Je suis persuadé que nous sommes capables de relever ce défi à moyen terme.

Disposons-nous actuellement des ressources humaines et matérielles nécessaires au tourisme médical ?

Tout à fait, je suis médecin de formation et je suis l’organisateur du salon et j’ai une agence de voyages, et c’est dans cette logique que je veux que Constantine devienne une destination du tourisme médical dans toute la région maghrébine. A vrai dire, cette ville est déjà un pôle de l’industrie pharmaceutique, et dispose de plusieurs cliniques privées de renommée. Alors  pourquoi ne pas relever le défi dont les bénéfices sont énormes. Il est donc très important d’informer les professionnels sur la faisabilité de ce concept chez nous et nous devons comprendre les enjeux de faire ramener les Africains chez nous, et créer donc une valeur ajoutée pour notre économie comme je l’avais dit.

Je dois aussi dire qu’il ne faut pas comprendre le contraire à savoir inciter les   Algériens à se faire soigner dans d’autres pays. Pour cette première édition du «Siha Africa», nous avons axé notre travail sur l’apprentissage au profit des professionnels et de tous les acteurs de la santé du développement du concept de tourisme médical du début à la fin. Pour la deuxième édition, nous espérons recevoir des délégations et des décideurs africains du continent. 

Parlez-nous de la participation étrangère à ce salon

Cette première édition a été marquée par une forte participation tunisienne non seulement pour élargir le partenariat dans différents domaines d’investissement mais aussi pour concrétiser le concept d’apprentissage du  tourisme médical et garantir le transfert du savoir tunisien à l’Algérie en termes de coût et d’organisation de la prise en charge des patients et la performance tunisienne en termes d’assurer les conditions sanitaires  nécessaires à la prise en charge des malades. Sachant en ce sens que la Tunisie depuis quelques années déjà, est devenue un vrai pôle de tourisme médical. Cette destination séduit aussi bien pour la chirurgie de l’obésité que pour la chirurgie esthétique, en offrant  des avantages qu’elle présente et qui rassurent, de plus en plus de patients.

Enfin, les entreprises présentes à ce salon ont-elles signé des accords de partenariat dans les créneaux des prestations, et équipements médicaux et  du bien-être?

En marge de ce salon, nous avons constaté une large participation des cliniques  qui ont exposé, en plus de la présence des producteurs algériens des équipements médicaux dont l’un d’entre eux a décroché des contrats d’approvisionnement pour les hôpitaux tunisiens. Concernant le créneau du bien-être, nous avons noté un intérêt très important exprimé par des  industriels pharmaceutiques algériens et par d’autres opérateurs économiques qui souhaitent rapidement développer un partenariat sérieux avec les laboratoires tunisiens participant à ce salon et qui sont spécialisés dans la formulation et la fabrication de produits cosmétiques, aromathérapie, phytothérapie, thalassothérapie et hygiène personnelle à base d’ingrédients naturels. A mon avis, il y a des industriels algériens qui sont très impatients    pour atteindre cet objectif, celui de créer ce genre de laboratoires chez eux.

 

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