Plaidoyer pour l’institutionnalisation de la pratique en Algérie

Evaluation des politiques publiques

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La fin de l’ère du pétrole signifie pour les économies rentières, comme celle de l’Algérie, la réalisation urgente de réformes profondes dans la conduite des affaires publiques. Il s’agit de placer ce qui est convenu d’appeler la bonne gouvernance au cœur de l’ensemble des activités économiques. 

 

C’est le seul moyen qui permettra de relancer l’effort de développement et, dans ce domaine, de faire plus, mieux et plus vite à moindre coût. Toutefois, ce défi multidimensionnel exige à son tour de placer l’évaluation au cœur de la nouvelle gouvernance. Ce thème a été au centre des débats d’un panel d’experts lors d’une conférence organisée hier par le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care).

En effet, la mise en œuvre des politiques publiques mobilise les services centraux et déconcentrés de l’Etat ainsi que ceux des collectivités locales. Des moyens humains, matériels et financiers sont mobilisés pour mettre en œuvre les actions indispensables à la production, des effets attendus des politiques publiques. La réalisation de ces effets comporte un coût qui pèse lourdement sur les finances publiques du pays et détermine le présent et l’avenir des citoyens. 

Dès lors, indiquent-ils, il est important aussi bien pour la puissance publique que pour les contribuables d’évaluer les effets atteints par rapport aux effets escomptés et juger de la pertinence des actions mises en œuvre pour les produire.

Dans ce cadre, Koceila Amer, expert international en finances publiques et dans la gestion des investissements publics, a plaidé dans sa communication pour l’institutionnalisation de la pratique de l’évaluation en Algérie afin d’assainir les dépenses publiques et d’éviter les erreurs du passé. «Nous souhaitons que cet acte prenne position dans l’action du gouvernement», a-t-il souligné. Et d’ajouter : «l’évaluation est soumise directement à la décision politique».

Ainsi, l’expert a cité l’exemple de la politique de l’industrialisation automobile prise par le gouvernement, mais qui a prouvé son échec. Faute d’une évaluation   

M . Amer a précisé, en outre, que l’évaluation des politiques publiques constitue un outil encadré méthodologiquement qui permet notamment d’analyser les effets d’une politique publique mise en œuvre en vue de mesurer son efficacité, son efficience et sa pertinence.

Indiquant que cette pratique est institutionnalisée dans les pays développés, le même expert a estimé que l’Algérie, qui s’approche d’une sévère crise financière, est appelée à choisir les bonnes pratiques et mécanismes modernes dans ses politiques publiques. «L’évaluation s’impose aussi bien par l’exigence de la performance de l’action publique que par la transparence et la reddition des comptes», a-t-il suggéré.

Pour sa part, l’économiste Bouchakour Mohamed a fait savoir que l’évaluation vise d’abord à fournir aux pouvoirs publics des outils pour rendre leur action plus efficace. Elle doit fournir trois types d’information : «comment fonctionne la politique et quels sont ses effets ? Ses effets sont-ils à la hauteur des objectifs ? Et peut-on faire mieux et comment ? Selon les conclusions de l’évaluation, les décideurs pourront être amenés à modifier une politique, à y mettre fin, ou au contraire, à la généraliser».

Concernant les conditions d’une démarche évaluative pérenne, l’économiste a cité la nécessité d’une adhésion à tous les niveaux, la mise en place d’une stratégie d’évaluation, un dispositif de conduite maîtrisé et l’implication de l’opinion publique durant l’ensemble des phases d’évaluation.

Par Zahir R.

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