Quel sort pour les travailleurs précaires et les journaliers en Tunisie?

Economie – Coronavirus

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Alors que les autorités ne cessent de prendre des séries de mesures dans le cadre du programme national de lutte contre le coronavirus, qui sont malheureusement entourées d’un grand flou et ceci concerne particulièrement celles annoncées par Kaïs Saïed, le président de la République, plusieurs questions se posent quant à l’aspect réaliste et réalisable de ces mesures, pour faire face à l’épidémie.

Les scènes de désolation des milliers de citoyens jetés sut les routes du Grand Tunis, d’une façon particulière, et qui ne sont pas en mesure de rentrer chez eux faute de moyens de transport en raison du mauvais choix des horaires du couvre-feu montrent clairement, d’une part que le pays n’est pas doté de logistique lui permettant de faire face aux états d’urgence et que les décisions peu réfléchies et mal étudiées ne font qu’aggraver la situation des franges sociales vivant dans la précarité notamment dans les conditions de catastrophes de tout genre, d’autre part.

Néanmoins, il est à indiquer que la mesure – peu compréhensible – relative au confinement partiel décrétée par le président de la République n’a pas, à priori, tenir compte de la manière avec laquelle de larges franges sociales de tunisiens chômeurs ou travaillant dans la précarité pourront vivre le confinement dans un état où elles sont dépourvues de toute ressources. On évoque, à ce titre, les journaliers, les vendeurs à la sauvette, les travailleurs dans l’informalité, les travailleurs domestiques, etc.

Malheureusement, très peu de statistiques officielles sont disponibles pour illustrer l’ampleur de ce phénomène extrêmement grave pour la survie, dans la situation épidémique et bloquée économiquement actuelle, d’un nombre assez important de citoyens.

A ce titre, notons que d’après les données de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) relevant du ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale qui a réalisé en 2016 une étude faisant état du bilan de l’évolution du marché du travail et une note d’analyse sur l’inadéquation des qualifications en Tunisie, le taux d’emploi qui reflète la capacité d’une économie à utiliser ses ressources en main d’œuvre et qui est égal à la part de la population active occupée dans la population en âge de travailler (15 à 64 ans) ne dépasse pas 39.9%.

D’ailleurs, ce taux est parmi les plus faibles au niveau des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Ces données montrent qu’aujourd’hui qu’un nombre exceptionnellement important de tunisiens en sous-emploi ou opérant dans l’économie non structurée sont non seulement menacée par le coronavirus mais sont surtout exposés à des risques majeurs d’être abandonnés à leur propre sort sans ressources ni aucune forme d’assistance sociale significative.

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