Revoir à tout prix l’accord d’association

Démantèlement tarifaire avec l’UE

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A cause d’un accord «bâclé» avec l’Union européenne, l’Algérie perd chaque année près de 2 milliards de dollars. Cet accord touche notamment le volet fiscal. 

 

N’est-il donc pas temps de renégocier les accords commerciaux avec l’UE ? Une question qui taraude aussi bien les milieux économiques que les pouvoirs publics. Récemment, le président de l’Anexal, Ali Bey Nasri, a tiré la sonnette d’alarme. Il a tenu à avertir que le démantèlement tarifaire avec l’UE en septembre 2020 sera total et que l’accord a profité jusqu’ici à l’Europe. Il explique que «52% des importations algériennes proviennent de l’Europe et que l’accord de libre-échange conclu depuis 2005 n’est pas en faveur de l’Algérie».

Il s’agira donc d’adopter une nouvelle stratégie pour défendre les intérêts de l’Algérie. L’accord, qui est plus politique qu’économique doit être revu, estiment les experts.  Il faut, donc revoir principalement le chapitre investissement avec l’UE. Contrairement au Maroc et à la Tunisie, l’accord d’association a été plus avantageux à nos voisins. Ajouté à la nature de l’économie algérienne basée essentiellement sur la rente pétrolière, et qui risquerait à moyen et long termes de connaître un «crash» inédit. Par ailleurs, déjà fortement fragilisée par les effets de la chute des cours de pétrole, l’économie nationale risque de subir encore les retombées qu’induira la mise en œuvre de la clause de l’accord d’association portant création d’une zone de libre-échange entre l’Algérie l’Union européenne. Plus grave encore, le produit algérien ne pourra pas concurrencer le produit importé, en raison de l’absence d’instruments de protection.

A noter que l’UE, qui est le premier fournisseur de l’Algérie avec 60% des échanges commerciaux, compte en réalité consolider cette place, alors que les marchandises algériennes peinent à pénétrer le marché de l’Union européenne, même si elles répondent aux normes. Pour rappel, c’est en 2010 que l’Algérie avait exprimé sa demande de décaler de trois années le calendrier de démantèlement tarifaire des produits importés d’Europe. Une requête justifiée par cette nécessité d’accorder une période supplémentaire aux entreprises algériennes afin de se préparer à cette échéance. Une situation que l’on doit régler dans les plus brefs délais par la révision de l’accord avec l’UE. Le nouveau ministre du Commerce est imprégné du dossier et par voie de conséquence, peut redresser la barre dans l’intérêt de l’économie nationale. 

Par Arezki Louni

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