Rezig veut bannir les enchères

Commerce de gros des produits agricoles

0 4 992

Par Essaïd Wakli

Deux jours après avoir visité le marché de gros des fruits et légumes de Boufarik à Blida, le ministre du Commerce passe aux actes. Il reconnaît qu’il est dans l’incapacité de contrôler les prix des produits frais, et annonce l’interdiction d’enchères dans les marchés de gros.

Lors d’une émission radiophonique, le ministre du Commerce a annoncé que ses services vont désormais obliger les commerces du gros des fruits et légumes à afficher les prix. «J’ai instruit les inspecteurs de commerce pour que la vente aux enchères soit bannie des marchés de gros. Désormais, les  prix devront être affichés», a indiqué Kamel Rezig, invité hier de la chaîne I de la Radio nationale. La décision du ministre intervient après une visite effectuée, très tôt le matin du premier jour de Ramadhan à Boufarik dans la wilaya de Blida. Kamel Rezig y avait accusé des commerçants de s’adonner à la spéculation des prix. Il avait d’ailleurs demandé à un des vendeurs de présenter une facture. Mission impossible. Puisque le circuit de vente des agriculteurs aux commerçants de gros n’est jamais tracé. Impossible donc de connaître les prix d’achat à la source. D’où la nécessité de légiférer, a ajouté Kamel Rezig qui compte sur l’aide de ses autres collègues du gouvernement. Toutefois, le ministre n’a rien dit sur la liberté des prix, consacrée par le code du commerce qui lie la définition des prix à la règle de l’offre et de la demande.

Dans les commerces de gros des fruits et légumes, ce sont souvent les mandataires qui définissent les prix selon justement la sacro-sainte règle de l’offre et de la demande. Ces «dépositaires» disposent de locaux commerciaux à l’intérieur des marchés de gros. C’est à leur niveau que les producteurs déposent la récolte. Les prix sont ensuite fixés selon la demande. Le mandataire prend ainsi une marge de 8% sur le prix de la vente. Ce n’est qu’après cela que le marché doit afficher la «mercuriale des prix» de base de chaque produit. Mais si les prix sont très bas, il arrive que la marchandise soit jetée. Le perdant ? L’agriculteur. Seul. 

En plus des fruits et légumes, le ministre du Commerce reconnaît également son impuissance face aux prix de la viande, restés élevés malgré ses promesses. Kamel Rezig reconnaît que son département n’avait pas d’emprise sur cette filière. Pourtant, lors d’une réunion tenue avec les éleveurs, il avait promis que les prix des viandes rouges n’allaient pas dépasser 800 DA durant le Ramadhan. Une promesse qui n’est pas tenue puisque les prix de la viande, bovine et ovine, dépassent les 1 300 DA. L’homme s’est senti trahi et a promis de réagir. Mais ce sera dans les prochains mois. Comment ? Le ministère procèdera, très probablement, à une importation massive pour réguler les prix. Une mission compliquée puisque les éleveurs se plaignent de la cherté des aliments de bétails, souvent importés.

Par ailleurs, après une flambée des premiers jours, le ministre du Commerce a annoncé que les prix des produits agricoles sont revenus à des niveaux normaux hier. «Il n’y a pas eu d’augmentation des prix», a-t-il indiqué. Il a expliqué que seuls les prix de la tomate et des courgettes ont augmenté à «cause de la forte demande» sur ces produits en ces jours de Ramadhan. 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.