Risque de récession pour les pays pétroliers

Les prix du pétrole dégringolent

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Le monde tousse et ce sont les prix du pétrole qui chutent. La crise économique mondiale, née de la propagation du coronavirus, traîne les prix du pétrole vers une chute vertigineuse pendant que la réunion des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole, Opep, a été un échec total à cause notamment de l’absence de l’engagement de la Russie.

 

 Ainsi, pour parer à la baisse de la consommation mondiale d’or noir, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), réunie cette semaine à Vienne, a proposé à ses partenaires des coupes supplémentaires de sa production. Sauf que la Russie, principale alliée du cartel, y a opposé une fin de non-recevoir. Ce niet catégorique a fait s’effondrer vendredi le baril new-yorkais de WTI de plus de 10% et le baril londonien de Brent de plus de 9%, tous deux tombant à des niveaux plus vus depuis près de quatre ans. L’offre de l’Opep, fortement appuyée par l’Arabie Saoudite, consistait à réduire de 1,5 million de barils supplémentaires la production quotidienne d’or noir jusqu’à la fin de l’année.

Malgré cela, l’Opep avait tenté de convaincre ses partenaires en  proposant qu’ils ne supportent qu’un tiers de l’ensemble des nouvelles coupes, soit 500 000  barils par jour. Mais «la Russie n’a pas mordu à l’hameçon », explique Andrew Lebow de Commodity Research Group, cité par l’AFP. «Leur perspective est très différente de celle de l’Arabie Saoudite et des autres membres de l’Opep», précise l’expert, qui rappelle que l’économie russe, plus diversifiée que celle de la plupart des membres du cartel, est moins dépendante du pétrole. Pour Moscou, deuxième producteur mondial de pétrole derrière les Etats-Unis, une des priorités est par ailleurs de ne rien céder au rival américain, qui extrait désormais plus de 13 millions de barils par jour et en exporte quotidiennement entre 3 et 4 millions. 

«Les Russes ont décidé de mener la politique de la terre brûlée. Ils se disent qu’ils n’ont aucune raison de soutenir les producteurs américains», souligne John Kilduff, d’Again Capital.

En revanche, les 13 membres du cartel et leurs 10 partenaires, qui forment l’Opep+, sont liés depuis début 2017 par un accord de réduction volontaire de 1,2 million de barils par jour (mbj), augmenté à 1,7 mbj en décembre dernier. De son côté, l’Arabie Saoudite a consenti en début d’année à retirer 400 000 barils quotidiens de sa propre production pendant trois mois. «S’il n’y a pas de coupe supplémentaire, cela signifie que le surplus de pétrole au deuxième et au troisième trimestre sera plus important que ce que le marché anticipait en début de semaine, avant la réunion de l’Opep», prédit  M. Lebow.

Face à cette chute des prix du pétrole, le monde vit dans le risque de la récession économique. «Les risques de récession sont forts. Historiquement, les récessions font baisser les prix du pétrole», rappelle James Williams de WTRG-Economics, cité par l’AFP, qui estime que la consommation mondiale de pétrole sera en repli de près de 4 millions de barils au premier trimestre. «A moins que l’économie chinoise ne rebondisse rapidement, les conséquences économiques du virus vont se répercuter dans le monde entier, en particulier en  Europe et aux Etats-Unis» », précise M. Williams. 

Les producteurs américains pourraient d’ailleurs faire partie des principales victimes d’un déclin plus prononcé des cours de l’or noir. 

Par Essaïd Wakli

   

 

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