Tunisie.. Economie en mort clinique, à quoi sert le couvre-feu ?

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Le gouverneur de Tunis, Chedly Bouallegue, a déclaré, qu’un couvre-feu pourrait être instauré sur le Grand Tunis comme mesure préventive contre la Covid-19. Cette décision intervient suite à réunion tenue hier, sous la tutelle du ministre de la Santé et en présence des gouverneurs du Grand Tunis (Tunis, Manouba, Ben Arous et Ariana). Il a été décidé qu’une session sera tenue prochainement par les commissions traitant des catastrophes dans les gouvernorats précités, pour prendre un certain nombre de mesures afin de limiter la propagation de la pandémie.

Le gouverneur a précisé que l’annonce officielle de cette décision sera faite dans les prochaines heures et que le couvre-feu pourrait être instauré à partir du 8 octobre de 20h à 5h du matin.

Scientifiquement, rien ne prouve que la Covid-19 soit devenue plus active la nuit surtout à Tunis et dans les grandes villes qui se transforment presqu’en villes fantômes dès 19 heures. Depuis 2011 et en raison des problèmes de sécurité et de transport, les habitants de la capitale et d’autres villes n’ont plus de vie nocturne. La dégradation du pouvoir de consommation explique aussi et amplement ce phénomène.

Décréter un couvre-feu sans aucune utilité pour une population sans moyens de consommation et donc naturellement confinée chez elle relève du non-sens.

Pratiquement, la majorité des économistes, sociologues et autres spécialistes s’accordent sur le fait que la modélisation de la consommation en temps de crises et d’exposition à des risques majeurs est un exercice extrêmement difficile.

Néanmoins et d’après les statistiques de la Banque centrale de Tunisie (BCT), la valeur de la consommation privée s’élève à 76.1 milliards de dinars à fin 2018. Au sens large, la consommation est estimée à 97.8 milliards de dinars ce qui représente, toujours, selon les données de l’institut d’émission à 92.7% du Produit intérieur brut (PIB) au prix du marché.

Ces données montrent que le premier facteur déterminant la dynamique de l’activité économique et sociale en Tunisie est la consommation et ce, évidemment après la destruction de l’investissement et de l’export notamment dans les secteurs clés à l’instar de l’industrie.

Continuer à détruire la consommation dans une Tunisie où la croissance est en contraction de 21.6% rien qu’à fin juin dernier ne pourrait simplement être assimilé qu’à un arrêt de mort pour une économie déjà très fragilisée par la Covid-19.

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