Un fichier national des refus pour bientôt

Don d'organes

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Au moment où le don d’organes continue de susciter la controverse, notamment sur le plan religieux, un fichier national des refus, refus qui permettra d’identifier les donneurs d’organes, sera opérationnel prochainement.

L’annonce a été faite par le directeur général (DG) de l’Agence nationale des greffes (ANG). Dans un entretien accordé à l’APS,  le Pr Hocine Chaouche a fait part de la volonté de donner une nouvelle dynamique à ces activités tout en composant avec la situation sanitaire induite par cette épidémie. Cela après l’annonce par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, de la reprise des activités de greffe suspendues en raison de l’épidémie de nouveau coronavirus. L’ANG axera ses efforts, à l’avenir, sur la communication et la sensibilisation pour pouvoir passer de la phase actuelle de transplantation rénale à partir de donneurs vivants dans l’entourage du receveur à celle du prélèvement d’organes à partir de donneurs en état de mort encéphalique (EME). M. Chaouche a tenu, par ailleurs, à préciser que ceux qui n’expriment pas, de leur vivant, leur refus de donner leurs organes et ne figurent pas sur le fichier des refus, sont présumés consentants. Pour ce faire, un centre, qui prendra en charge la gestion informatique du fichier, ainsi que la gestion des activités de transplantation et de greffe, sera ouvert à Blida. «La greffe de la moelle est une greffe de cellule. Il y a également la greffe de tissu (la cornée) qui va être lancée très prochainement. Le problème sera réglé avec le prélèvement sur cadavre. Normalement, on ne devrait plus importer, les greffons seront prélevés localement», précise le Pr Chaouche. Cependant, la transplantation multi organes, à l’instar du foie, du cœur et du poumon ne figure pas à l’ordre du jour, vu que l’opération nécessite une bonne préparation et des moyens, a-t-il fait savoir. Concernant les campagnes de sensibilisation sur les greffes d’organes, le Pr Chaouche a appelé à associer les mosquées, étant proches du citoyen, tout en formant les imams autour des messages qui doivent être  diffusés lors des horaires de prière et des prêches de vendredi et choisir ceux qui seront présents constamment au niveau des hôpitaux aux côtés des médecins. De même qu’il a insisté sur le rôle des différents médias dans la sensibilisation des citoyens sur l’importance de cette opération qui s’élève même à «une aumône continue». A noter que ce ne sont pas moins de 700 greffes d’organes et de tissus, dont 416 greffes de cornées, qui ont été effectuées en 2018 en Algérie, selon le dernier bilan. Le bilan actualisé recensant les greffes d’organes et de tissus réalisées en Algérie ces 3 dernières années, fait ressortir que 416 cornées ont été greffées en  2018 contre 217 en 2017 et 352 autres en 2016. S’agissant des greffes rénales, 268 ont été effectuées en 2018, 251 en 2017 et 244 autres en 2016, tandis qu’il a été dénombré 7 greffes hépatiques en 2018, contre 9 en 2017 et 3 en 2016.

Par Arezki Louni

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