Un nouveau système budgétaire dès 2023

Finances

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Par Zahir Radji 

L’Algérie veut en finir avec les lois de finances complémentaires (LFC). A cet effet, des réformes profondes sur la gestion du budget de l’Etat sont en cours de concrétisation, dira le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane. 

 

En effet, il est prévu l’entrée en vigueur de ces réformes à partir de janvier 2023. Autrement dit, l’Algérie aura un nouveau système  budgétaire à moyen terme, basé sur l’efficacité et la transparence. Ceci permettra, ajoute-t-il, aux donateurs d’Ordres de bien gérer les budgets alloués, garantissant l’efficacité budgétaire sans toutefois recourir à de nouvelles réévaluations.  Dans ce cadre, le ministre a déploré le recours excessif par le passé à cette pratique qui nuit au budget de l’Etat. «Durant les années précédentes, le budget de certains projets a été réévalué entre 300 et 400%. C’est du jamais vu dans le monde !», a-t-il souligné. M. Benabderrahmane a précisé qu’avec l’entrée en service d’un nouveau système d’information et la numérisation des différentes procédures, l’Etat pourra désormais éviter la surévaluation de son budget, le recours à des lois de finances complémentaires (LFC) et la présentation de lois de règlements budgétaires  en une année -1 au lieu d’une année -3 comme cela se fait actuellement. 

La refonte de notre système budgétaire est qualifiée comme l’une des réformes structurelles, qui mérite un traitement particulier, de par son lourd impact sur nos équilibres financiers. Elle concerne la gestion de nos finances publiques, en particulier la manière dont sont allouées les ressources budgétaires. Le principe est d’aller vite vers l’équilibre financier des comptes de l’Etat et d’allouer le maximum de ressources aux secteurs porteurs de croissance. Tâche difficile à court terme, quoique nécessaire, en raison des contraintes qui pèsent tant sur les dépenses que sur les recettes.

Il est à noter que la pratique de la réévaluation du budget de gros projets durant les 20 dernières années, à l’instar de l’autoroute Est-Ouest, stades de football et autres, avait été utilisée par des hommes politiques et d’affaires comme étant un moyen pour s’enrichir et dilapider l’argent public. En outre, l’introduction de ce nouveau système d’information réduira également le budget alloué aux transferts sociaux qui s’élèvent cette année à 1 797 milliards de dinars, répartis comme suit : 124 milliards injectés au secteur de l’éducation,  198 milliards destinés à soutenir (subventionner) le lait et le blé, 82 milliards  pour l’électricité, le gaz et l’eau, 289 milliards de dinars pour les retraités, 340 milliards de dinars au secteur de la santé, 166 milliards de dinars pour les nécessiteux et ceux qui ont des besoins spécifiques et 446 milliards de dinars pour les assurances sociales. 

Le premier argentier du pays, qui s’exprimait jeudi dernier sur les ondes de la Radio nationale «Chaîne I», s’est montré optimiste pour l’avenir économique de notre pays, en affirmant que malgré les incidences de la pandémie Covid-19 sur l’économie nationale, des secteurs hors hydrocarbures,  notamment, ont pu réaliser une croissance durant le premier semestre de 2020. A titre d’exemple, le secteur agroalimentaire a enregistré une croissance de 2,6% et 0,8% pour le BTPH. Les secteurs de l’industrie pharmaceutique et de la pêche ont également, ajoute-t-il, enregistré des performances durant cette période. S’agissant de la balance commerciale du pays, le ministre des Finances s’attend un net recul du déficit de la balance des paiements, suite notamment aux décisions prises par le président de la Républiques, Abdelmadjid Tebboune, et également suite au recul de la surfacturation.  

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