Un nouvel acquis pour l’industrie nationale

Fabrication de tests de dépistage du Covid-19

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Par Essaïd Wakli

C’est en plein confinement dû à la crise sanitaire que connaît la planète, que des «miracles» peuvent survenir et des génies éclore. 

 

Ainsi, par ce petit concours de circonstances, une usine de fabrication de matériel médical a commencé à produire des kits de dépistage des malades du Covid-19 hissant ainsi l’Algérie aux premières loges des rares pays qui peuvent fabriquer ce genre d’équipements.

Evidemment, l’annonce du lancement de la fabrication des tests de dépistage du Covid-19 par une usine située à Baba-Ali (Sud d’Alger) est une bonne nouvelle qui peut encourager d’autres fabricants algériens à se lancer dans la production au lieu de se contenter de l’importation. «Avant même la survenue de cette crise, nous avons envisagé d’aller vers un autre type de tests rapides. Cette crise n’a fait qu’accélérer les choses. Nous nous sommes lancés dans un partenariat avec un Jordanien et un Canadien avec qui nous étions déjà en discussions bien avant cette crise. L’unité devait commencer en septembre, mais avec cette crise, nous avons basculé rapidement dans ce projet de production de tests rapides du Covid-19», a affirmé Ismaïl Tchikou, le directeur général de Vital Care, la société qui fabrique également de bandelettes de surveillance glycémique.

Cela n’est en réalité qu’un exemple dans le secteur de l’industrie pharmaceutique algérienne. Cette dernière a connu un essor considérable, mais elle est appelée à se développer davantage. Ainsi, le ministre délégué chargé de l’Industrie cinématographique, Lotfi Benbahmed, a annoncé que les autorités travaillaient sur l’élaboration de quatre décrets, «permettant de mettre en place une nouvelle politique dans l’industrie pharmaceutique qui favorisera les producteurs locaux». «Nous travaillons sur quatre décrets (…). Lorsque vous voulez construire un système, il faut avoir des fondations solides qui sont la réglementation. C’est ça qui va porter le système», a annoncé récemment le ministre. Il expliquait qu’avec ces décrets, les autorités publiques visaient à mettre en œuvre «une nouvelle politique qui sera axée sur la prise en charge des malades, l’intérêt de la santé publique mais aussi l’intérêt économique tout en se projetant sur l’export». L’objectif est de développer une production nationale «qui ne soit pas l’expression d’une volonté de démonstration démagogique politique», selon le ministre qui a souligné qu’il ne s’agit pas de «faire dans l’immobilier industriel ni d’additionner les unités de production mais plutôt de répondre réellement à la demande locale».

Malgré cela, l’industrie pharmaceutique est appelée à se développer encore davantage. Cela commence par le déblocage des projets gelés pour des considérations inavouées. En faisant un état des lieux, «Nous avons été surpris par le potentiel qui existe et des dossiers en attente. Nous avons trouvé des projets qui sont prêts à aboutir, qui ne demandaient qu’à être encouragés et qui étaient quasiment gelés pour des considérations administratives qui devraient cacher certainement des intérêts», révèle le membre du gouvernement.

L’Algérie produit actuellement près de 50% de ses besoins en médicaments. Les autorités veulent porter ce taux à plus de 70% à court terme pour créer une valeur ajoutée et surtout économiser des devises. «Nous estimons que l’Algérie peut être dans deux à trois ans un véritable -hub pharma- de la région et du continent. Nous avons les capacités humaines, les universités, l’énergie, l’aménagement de territoire, qui permettent aux pays de devenir un jeune dragon de l’industrie pharmaceutique», a estimé le ministre, ambitieux.

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