Un outil indispensable pour mener à bien les politiques publiques

Reprise des activités du Cnes

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En fait, le Conseil national économique et social (Cnes) est en situation de veille depuis pratiquement l’année 2005, l’année de démission de feu Mohamed Salah Mentouri, là où le président de l’époque a exploité l’occasion pour anéantir le travail de diagnostic que le Conseil avait l’habitude de mener chaque semestre, et qui donnait la possibilité de voir dans les détails quelle était la performance des politiques publiques appliquées par le gouvernement.

 

Justement c’est ce niveau de transparence qui dérangeait tant les décideurs de l’époque, pourtant le travail effectué par l’instance consultative se basait sur les données officielles des départements ministériels, et faisait en sorte d’évaluer le mode de gouvernance pour essayer de proposer des solutions aux problématiques posées avec insistance dans des domaines économiques et sociaux si variés que la situation des secteurs d’activité, la croissance, le travail et le chômage, dans des notes de conjoncture et des dossiers dédiés à de grands dossiers comme la dette extérieure qui constituait un vrai cauchemar aux autorités publiques.

Ceci dit, il y avait une certaine réserve par rapport aux conclusions affichées par le Conseil, exprimée par des économistes qui voyaient dans ses orientations une couleur socialiste dans une époque où l’Algérie revendiquait le passage vers l’économie de marché, avec la persistance sur les idées encourageant plus de présence de l’Etat dans le domaine économique, et ce, malgré le grand gaspillage des ressources publiques dû à la mauvaise gestion constatée des entreprises économiques de l’Etat. Et puis, il y a eu ce décalage entre les aspirations du monde des affaires à plus de liberté d’entreprendre et le penchant étatiste du Cnes, chose qui créait un échange d’idées sur la place économique du pays, tout bénéfique qu’il était à l’Algérie de l’époque.

Justement c’est le manque du penchant vers plus de marchés dans l’acte économique qui doit être comblé par le nouveau président du Cnes qui vient d’être installé officiellement, en la personne de Réda Tir, connu pour sa défense indéfectible de la liberté d’entreprendre et des pratiques de concurrence comme moyens de passer vers l’efficacité économique tant attendue. D’ailleurs dans ses toutes premières déclarations, il a insisté sur l’importance de mener les évaluations qu’il faut sur la pratique des politiques publiques, en vue d’aider le gouvernement dans son exercice de la prise de décision.

La conjoncture actuelle caractérisée par les déséquilibres tant internes qu’externes que connaît le pays, demande en fait de minimiser la marge d’erreur à l’occasion de la conception des programmes publics et leur mise en œuvre, pour mieux prendre en charge les besoins d’une société en pleine mutation sur les plans économique, social et politique, ce qui demande l’optimisation de l’utilisation des ressources publiques à même de permettre de dépasser les risques qui guettent l’Algérie d’aujourd’hui.

Par Abdelkader Mechdal

 

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