Une aubaine pour les jeunes investisseurs ?

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Tourisme saharien

Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud, a appelé, lors d’un séminaire national sur le rôle du tourisme saharien dans la promotion des activités touristiques, les jeunes à investir et s’investir davantage dans ce secteur. Considéré comme une valeur sûre, le tourisme saharien recèle des atouts  considérables pour peu que l’on sache les exploiter. Reste que l’exploitation de cette filière répond à des exigences et une expérience certaine.


Par Réda Hadi

Le Sahara se vend de mieux en mieux. Il est devenu un produit exotique parfaitement adapté à la publicité comme au cinéma, à la littérature, au sport, au tourisme.

Sur le plan géographique, l’Algérie est le premier pays qui possède le plus de territoire saharien, malheureusement tout cet espace, en dépit des efforts plus ou moins soutenus des pouvoirs publics, n’en demeure pas moins sous-exploité.

Le développement du tourisme saharien jouit d’une place privilégiée dans la politique gouvernementale, ce qui ne manquera pas d’avoir une incidence positive sur tout l’environnement économique de la région du Sahara, à commencer par la création de l’emploi et l’offre de plus de possibilités d’investissement. Et pourtant mal ou peu exploité, le tourisme ne jouit pas de la notoriété qu’il devrait avoir.

Longtemps considéré comme une sous-zone de notre tourisme, et surtout mal géré, celui-ci n’arrête pas de dépérir. Une situation encore aggravée par la décennie noire, durant laquelle, rares étaient les touristes qui osaient s’aventurer dans le désert.

De plus, nul n‘est besoin de rappeler que les  activités sahariennes ne se résument pas à la seule vue de quelques dromadaires et une virée dans les dunes de sable.

Nous sommes loin des 250 000 touristes sahariens des années 70. De nos jours, cette filière du tourisme peine à émerger.

Les causes sont  multiples. En premier lieu, notre tourisme saharien n’arrive pas à se renouveler et encore moins à s’ouvrir. Celui-ci est toujours cantonné dans des activités «gelées» dans le temps. Même les plus merveilleux décors à la longue, lassent.

En second lieu, cette filière est gérée d’une manier empirique, loin de tous les critères actuels que peuvent nécessiter d’éventuels investissements.

En denier lieu, les investissements qui ont été opérés sont devenus obsolètes, et ne répondent plus aux besoins des touristes qui ont une autre vision du tourisme saharien.

En somme, le tourisme saharien n’a pas su s’adapter aux évolutions et aux mentalités de la mondialisation. Il faut souligner aussi que d’une manière générale, le tourisme algérien est très mal vendu. Les techniques de communication et de publicités sont désuètes.

En incitant les jeunes à investir dans le tourisme saharien, Abdelkader Benmessaoud a du pain sur la planche. En effet, de nos jours, les discours dithyrambiques sur le tourisme saharien ne peuvent suffire à inciter les jeunes à investir dans un créneau qui demande énormément d’argent et d’expérience.

A un  moment où notre jeunesse a été formée et assistée et à l’argent facile au nom de la paix sociale, il serait difficile de se prononcer sur de potentiels jeunes investisseurs peu enclins à suer.

Par ailleurs, l’appel de M. Benmessaoud ne peut éventuellement que concerner les jeunes du Sud, car ceux du Nord seraient beaucoup plus intéressés par le littoral.

Toutefois, pour M. Benmesaoud, le tourisme reste une opportunité à n’en point se détourner.

Le tourisme saharien est un tourisme durable par excellence, a affirmé le ministre, avant de mettre en exergue les atouts uniques et diversifiés dans ce domaine, ce qui érige, a-t-il dit, l’Algérie en une destination touristique par excellence, a-t-il affirmé lors d’un séminaire.

Rappelant les réalisations accomplies par l’Algérie dans le domaine du tourisme depuis l’adoption, en 2008, du Schéma directeur d’aménagement touristique à l’horizon 2030, M. Benmessaoud a insisté sur l’importance de «concrétiser les recommandations issues des Assises nationales du tourisme tenues en janvier dernier, pour développer le tourisme durable, notamment dans le Sud».

Par ailleurs, le ministre a mis l’accent sur «la consolidation de la coopération avec l’ensemble des acteurs et secteurs concernés, à travers leur contribution dans l’activité touristique et dans toutes les rencontres de concertation», soulignant «l’importance d’associer les startups dans l’utilisation intensive des technologies de l’information et de la communication (TIC) et des réseaux sociaux, en vue de faire connaître la destination Algérie».

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