Une augmentation du SNMG et après ?

Crise sociale

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Dans son plan d’action, le gouvernement prévoit, entre autres mesures, des décisions allant dans le sens d’améliorer «le niveau de vie» des citoyens. 

 

Cela commence, selon le document du gouvernement, par une augmentation prochaine du SNMG, le salaire national minimum garanti. Ça se fera en «concertation avec les partenaires sociaux». Mais de quelles marges de manœuvre dispose le gouvernement pour cela ?

Selon le plan d’action, «le  gouvernement s’engage à revaloriser le salaire national minimum garanti (SNMG), afin d’assurer au citoyen un revenu décent», aux citoyens. «Le gouvernement engagera, à travers les mécanismes de concertation avec les différents acteurs et partenaires sociaux et, notamment, la tenue de rencontres tripartites, la détermination d’un nouveau salaire national minimum garanti (SNMG) permettant l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens et élaborera les textes nécessaires», promet-on. Dans le même sillage, les autorités promettent de défiscaliser les plus bas revenus. Autrement dit, les salaires inférieurs à 30 000 DA ne seront plus concernés par l’IRG, l’Impôt sur le revenu global.

L’annonce d’une augmentation du SNMG, dont la valeur n’a pas été définie pour l’instant, commence déjà à poser des questions de la part des hommes d’affaires et des économistes. Beaucoup appellent déjà à la retenue. Car, les représentants des entrepreneurs affirment d’ores et déjà qu’une augmentation du SNMG entraînerait des difficultés supplémentaires pour des entreprises qui sont déjà gravement touchées par la crise économique en cours. Les réfractaires à une augmentation du SNMG craignent en effet que cette nouvelle donne les entraînera à des efforts budgétaires supplémentaires. Ce qu’ils ne peuvent pas supporter à l’heure actuelle. C’est notamment le cas des entreprises dont les salariés sont globalement payés au SNMG.

Pour des économistes, une augmentation du SNMG dans la situation actuelle de l’économie du pays risque d’induire une forte inflation. Surtout que des entreprises, qui seront impactées par ces augmentations, vont probablement être tentées d’augmenter les prix de leurs produits. Ce qui fera entrer les salariés dans un cercle vicieux dont il sera difficile de sortir.

Comme la majorité des salariés payés au salaire minimum, actuellement de 18 000 DA, font partie de la Fonction publique, c’est donc l’Etat qui devra supporter le poids de ces augmentations salariales. Ce qui crèvera davantage le budget de l’Etat, déjà fortement touché par un déficit chronique. Ajoutée à la baisse de l’IRG sur les bas salaires, cette nouvelle dépense mettra donc à rude épreuve le budget de l’Etat. Le chef de l’Etat a tenté récemment de minimiser l’impact en assurant que cela n’aura pas de «grande incidence sur le budget de l’Etat». Il a même affirmé que la dépense qui sera consacrée au volet social va être rattrapée par la collecte d’impôts.

Le choix du gouvernement est réellement délicat. Parce que si les finances publiques sont réellement menacées par ces augmentations, les budgets des ménages ne sont pas non plus au beau fixe. Des milliers d’Algériens vivent en effet dans des conditions absolument délicates. Rien que dans la Fonction publique, plus d’un million de fonctionnaires touchent des salaires inférieurs à 20 000 DA et parfois inférieurs au SNMG. Pas moins de 500 000 Algériens vivent avec des salaires de moins de 20 000 DA.

Par Essaïd Wakli

 

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