Une décision administrative «irréfléchie»

Interdiction d’exportations pendant le confinement

0 10 652

Par Zahir Radji

Le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Ali Bey Nasri, a critiqué sévèrement la mesure d’interdiction temporairement à l’exportation de 1 219 produits. Il l’a qualifiée d’irréfléchie, tout en s’interrogeant sur les critères sur laquelle cette liste a été élaborée.

 

S’exprimant hier sur les ondes de la Radio nationale «Chaîne III», M. Nasri a affiché son opposition à cette mesure qui porte préjudice à l’économie nationale et à l’outil de production. «Nous sommes contre l’interdiction d’exportation. Au moment où nous faisons face à un recul sans précédent à nos recettes hydrocarbures, nous avons aggravé la situation avec l’interdiction de certains produits, dont nous avons les capacités à exporter», a-t-il souligné. Et d’ajouter : «Notre pays a enregistré des pertes de recettes en dinars et en dollars, suite aux mesures de prévention contre le Covid-19». Appelant les pouvoirs publics à la révision de cette mesure, le président  de l’Anexal a plaidé pour un dialogue permanent entre les décideurs politiques et les leaders économiques. «Les décisions économiques doivent être prises en concertation avec les concernés (chefs d’entreprise)», a-t-il préconisé.

Il est à noter dans ce cadre que la direction générale des Douanes a rendu publique la liste des sous-positions tarifaires des produits suspendus temporairement à l’exportation jusqu’à la fin de la crise sanitaire causée par la pandémie de coronavirus.

Elle concerne la famille de plusieurs produits à savoir : la semoule, la farine, les légumes secs et le riz, les pâtes alimentaires, les huiles, le sucre, le café, l’eau minérale, le concentré de tomate, les préparations alimentaires, les laits sous toutes les formes y compris ceux destinés aux enfants, les légumes et fruits frais à l’exception des dattes. La liste concerne aussi les viandes rouges et blanches, les équipements médicaux et paramédicaux, les médicaments et les produits pharmaceutiques, les produits d’hygiène corporelle et les détergents ménagers.

Par ailleurs, le président de l’Anexal a estimé que cette crise sanitaire est une opportunité pour notre pays pour se repositionner en harmonie avec les mutations. L’après-Covid-19 marquera le redéploiement de certaines industries à travers le monde, à travers la délocalisation de plusieurs usines de l’Asie. 

Dans ce cadre, dira, M. Nasri, l’Algérie a un atout à faire jouer vu sa proximité avec l’UE et son potentiel humain. Un grand travail attend le gouvernement pour l’amélioration de l’image du pays et notamment le climat des affaires. «Nous devons concentrer nos efforts pour l’amélioration de notre attractivité et capter le maximum des investissements directs (IDE) dans la filière pharmaceutique».

En outre, il a préconisé au gouvernement de faire ses choix stratégiques maintenant, tout en renforçant notre partenariat avec la Chine qui est un pays ami de longue date. «Nous devons  inciter les Chinois à venir investir en Algérie. La carte chinoise est une opportunité pour nous», a-t-il dit.

Toutefois, le gouvernement est appelé à engager des réformes sérieux dans les différents domaines,  notamment dans le domaine de l’investissement caractérisé jusqu’à présent par des lourdeurs administratives et multiplications d’autorisations.

Concernant les filières qui pourraient apporter de la valeur ajoutée, M. Ali Bey Nasri a plaidé pour le développement de la pétrochimie et la transformation du phosphate, en allant vers des industries légères et maîtrisables, tout en associant le secteur privé. A cela, s’ajoute le domaine minier  qui reste à présent peu développé. Selon certains experts du domaine, les recettes d’exploitation de notre domaine minier peuvent égaler les recettes pétrolières. «Nous avons des métaux rares. Je pense que c’est le moment pour l’Algérie de s’intéresser à ce domaine. On doit faire une évaluation de ces gisements et de voir comment les exploiter avec les partenaires chinois», a-t-il affirmé. Enfin, le président de l’Anexal estime que c’est le moment opportun pour placer l’exportation comme la priorité des priorités, et de procéder à l’assainissement de notre commerce extérieur.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.