Une fête du travail marquée par le coronavirus

1er MAI

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Par Courrier international

La crise du coronavirus empêche les traditionnels défilés du 1er  mai de se tenir. Dans de nombreux pays, les syndicats et travailleurs, travailleuses ont donc fait le choix de se mobiliser virtuellement. Au cœur de leurs propos, les inquiétudes concernant les conséquences de la crise actuelle sur le monde du travail.

«Oubliez les barbecues, les bars et les soirées sous chapiteaux», annonce la RTBF. «En raison de la crise sanitaire liée au coronavirus, et de l’interdiction d’organiser de grands rassemblements populaires, ce 1er mai n’aura pas ses habituels accents festifs».

Traditionnellement, la Journée internationale des travailleurs est célébrée largement, rappelle The Nation. Particulièrement en Europe. C’est simple, «à part quelques fêtes religieuses et le jour de l’an, il n’y a guère de jour férié qui concerne autant de pays». «66 au total», a compté le média américain, tandis que dans «100 nations, des marches, manifestations ou grèves ont été organisées».

Cette année pourtant, la fête sera bien «triste», déplore Le Devoir. «On se souviendra longtemps de ce 1er mai à l’ère du coronavirus. «Déjà, parce d’après les derniers chiffres de l’Organisation internationale du travail (OIT), plus des deux tiers des travailleurs dans le monde vivent dans un pays où la fermeture des lieux de travail est recommandée ou obligatoire, provoquant un recul moyen de 10,5 % du total d’heures travaillées équivalant à 305 millions d’emplois à temps plein». Surtout parce que les habituels défilés dans les rues ne sont pas possibles dans la plupart des pays.

Partout dans le monde, les syndicats ont donc opté pour des alternatives. En Belgique, la «tradition» des discours «sera respectée sur des plateformes digitales comme Facebook ou Youtube», rapporte la RTBF. Virtuelle également au Maroc, «la mobilisation spéciale a pris moult formes sur les réseaux sociaux», relate le webzine 360. En France, les organisations syndicales ont appelé les travailleurs et travailleuses à envahir la Toile de revendications, faire des vidéos ou organiser des chansons collectives et à accrocher des panneaux aux fenêtres. Tandis qu’outre-Rhin, «pour la première fois dans l’histoire de la République fédérale d’Allemagne», la Confédération allemande des syndicats (DGB) a aussi opté pour un «événement largement virtuel», note Die Tageszeitung.

Dans certains Länder (États allemands) néanmoins, de petits rassemblements ont été organisés (en Thuringe par exemple ou encore à Berlin). Il n’empêche que la distanciation sociale, et les protections comme les masques restent de mise. Qu’importe, rapporte cette responsable syndicale à la TAZ, «il s’agit de défendre les droits et libertés fondamentaux». Un point d’autant plus important en cette période.

Les dommages seront grands

Car comme le rappelle la presse étrangère, la crise sanitaire a de quoi inquiéter. «Les travailleurs les plus modestes et les plus vulnérables comptent parmi les plus touchés», déplore Le Devoir. Et si, «certains gouvernements déploient des efforts considérables, notamment financiers, pour amortir autant que possible la chute des travailleurs et des entreprises touchés par la pandémie et les mesures de confinement», «les dommages que cette crise infligera seront grands».

Au Maroc, «le respect des droits et libertés syndicales et le rétablissement des emplois post-Covid-19» arrivent ainsi «en tête des revendications», précise 360. En France, les syndicats ont également mis l’accent sur les travailleurs invisibles que la crise a pourtant révélé comme indispensables, ainsi que les précaires et les sans, dont la situation s’est dramatiquement aggravée pendant la crise». Le pays, rappelle Die Zeit, compte jusqu’à présent «11,3 millions de personnes au chômage partiel». Ce «pari politique «coûteux» qu’a fait le gouvernement est obligé pour éviter «les licenciements massifs» pendant cette crise.

Et concernant «l’après-crise» justement, «une attention particulière pourrait être portée au rôle que les syndicats et la négociation collective peuvent jouer non seulement dans la difficile relance économique qui s’amorcera un jour, mais plus généralement dans l’amélioration continue des conditions de travail et de la compétitivité des entreprises», propose Le Devoir. Même si, «comme le déplorait l’OCDE, le taux de syndicalisation dans les pays développés a fondu de moitié depuis le milieu des années 1980, chutant de 32 % à seulement 16%».

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