Une flotte nationale de bombardiers d’eau s’impose

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Devant l’ampleur des dégâts

 Pour affronter l’ampleur des grands incendies de forêt, qui, ces dernières années, va en augmentant, il est temps de penser à la création d’une flotte nationale de bombardiers d’eau pour ne pas rester le dernier de la classe de notre région.

La rareté des forêts et les menaces de désertification font que les incendies, dans notre pays, ont un impact particulièrement désastreux. En effet, l’Algérie ne possède que 4,1 millions d’hectares de forêts, soit un taux de boisement de 1,76%, affirme la docteure Ouahiba Meddour-Sahar du département d’agronomie de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, dans une étude réalisée conjointement avec Christine Bouisset, maître de conférences à  l’université de Pau et des Pays de l’Adour.

Selon l’étude réalisée par le binôme Meddour-Sahar-Bouisset, l’essentiel des moyens est consacré, sur le terrain, à la lutte contre les feux déclarés et les aménagements DFCI (Défense des forêts contre l’incendie) sont principalement destinés à la surveillance et aux interventions d’urgence. La Direction générale des forêts possède en effet un réseau important de pistes forestières (37 933 km), de pares-feu (32 556 ha) et 1 627 points d’eau. La surveillance se fait par 385 postes de vigie et 473 brigades forestières mobiles.

Cette politique centrée sur la lutte peut apparaître, selon Meddour-Sahar-Bouisset, relativement efficace à court terme mais elle s’avère toutefois incapable d’enrayer les grands incendies.

La loi 84-12 du 23 juin 1984, portant régime général des forêts, doit être revue, notamment son chapitre III, à la lumière de la multiplication, ces dernières années, des grands incendies.

Envoyer nos sapeurs pompiers, armés seulement avec leurs camions citerne pour affronter un enfer qui s’étale sur des milliers d’hectares de feux de forêt est tout simplement non productif, l’Algérie n’échappe pas au phénomène des grands incendies que connaissent tous les pays du pourtour méditerranéen et dont la fréquence est en nette augmentation.

Pour affronter l’ampleur des grands incendies de forêts, qui, ces dernières années, va en augmentant, il est temps de penser à la création d’une flotte nationale de bombardiers d’eau pour ne pas rester le dernier de la classe de notre région.

Assurément, dans  le voisinage immédiat, le royaume chérifien dispose d’une flotte de 5 Canadair CL-415, alors que la Sécurité civile française utilise vingt-trois avions bombardiers d’eau, soit 12 Canadair, 9 Tracker et 2 Dash, qu’elle va étoffer, prochainement, avec une commande de plusieurs Dash anti-incendie chez Bombardier.

En ces temps de vaches maigres, l’Algérie pourra penser, dans une première phase, à l’affrètement puis au leasing pour disposer de l’un des plus puissants bombardiers d’eau fabriqués par le Russe Irkut Corporation et conçu par Beriev Aircraft Company, en l’occurrence le Beriev Be-200.

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