Une mesure pour lutter contre le marché informel

Révision à la baisse du montant autorisé en devise

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Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a précisé que la révision à la baisse du montant autorisé en devise sans déclaration douanière est une mesure entrant dans le cadre d’une stratégie de lutte contre le marché noir de la devise en Algérie.

En effet, le montant en devise autorisé, qui a été porté, dans le cadre de la loi de finances 2020, élaborée par le gouvernement de Noureddine Bedoui, à 5 000 euros, vient d’être révisé à la baisse (1 000 euros) dans le projet de loi de finances complémentaires (PLFC) présenté avant-hier par le ministre des Finances devant la chambre basse (APN).

«Avec cette mesure, nous visons à maîtriser le mouvement des capitaux en conformité avec ce qui se fait au niveau international; tout en renforçant notre politique de lutte contre le marché noir en Algérie», a affirmé Raouya devant les députés de l’APN  lors de la présentation du PLFC-2020. 

Il a estimé, en outre, que la hausse du montant à 5 000 euros a provoqué un «assèchement» des dépôts en devises au niveau des banques algériennes.

Par ailleurs, il est à noter que le gouvernement a expliqué dans un premier temps, que cette mesure visant à diminuer le montant autorisé en devise sans déclaration aux Douanes est due «à la baisse de la valeur de la monnaie nationale (dinar) face à l’euro et aux devises étrangères, en parallèle à l’érosion des réserves de change du pays». Une situation qui a «aggravé le déficit en monnaie étrangère et favorisé grandement le recours au marché informel des devises».

Les autorités ont également attesté que l’Algérie est appelée à prendre des mesures préventives, contrôlant les transferts de fonds et des flux financiers en monnaies nationale et étrangère afin de lutter contre le blanchiment d’argent et les transferts illicites de capitaux.

Toutefois, le député de la zone 4 de notre communauté établie à l’étranger, Nouredddine Belmeddah, a critiqué sévèrement cette mesure, en la qualifiant de grand scandale à tous points de vue.

Ce député a souligné que l’entrée en vigueur de la décision de l’augmentation du montant en devise autorisé à 5 000 euros, le 3 janvier 2020, a éliminé les souffrances et la bureaucratie dont fait face auparavant notre communauté.

D’ailleurs, elle a reçu une grande approbation de tous, y compris des banques qui avaient, explique-t-il, enregistré par le passé une grande pression de la part des citoyens afin de justifier le retrait de leur argent en devises de leurs comptes bancaires.

«Et maintenant, et à notre grande surprise, le gouvernement a présenté une suggestion dans le PLFC-2020, celle d’abaisser le montant autorisé en devise et de nous proposer de revenir aux dispositions de 2015.  C’est regrettable !», s’est-il interrogé.

Par Zahir Radji

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