Une pétition pour révoquer Chaabna

Assemblée populaire nationale

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Par Arezki Louni 

L’affaire Samir Chaabna n’a pas livré tous ses secrets. Une semaine après la décision de le dessaisir du poste de secrétaire d’Etat chargé de la communauté nationale à l’étranger, un groupe de député de la chambre basse du parlement demande carrément sa révocation de son siège de député représentant de l’émigration. 

 

Le député  se trouve ainsi confronté à une fronde initiée par ses pairs islamistes au sein de l’Assemblée populaire nationale (APN). Un groupe de députés  du MSP et d’El Adala, ont lancé  une pétition dans laquelle ils demandent au président de l’APN de saisir « en urgence » la Commission des Affaires juridiques et administratives, afin de le révoquer de son siège. Pis, les initiateurs de la pétition demandent  au Front El Moustakbel,  qui a parrainé sa candidature dans la circonscription de Marseille, lors des dernières législatives, de lui retirer sa couverture « pour haute trahison ». Question, où étaient ces mêmes députés quand des ministres de la République, possédant pourtant les nationalités française ou américaine se défilaient à la chambre basse du parlement pour présenter la loi de finances ou pour répondre aux questions orales ? Pourquoi s’appesantir sur le cas Chaabna, sachant que posséder une nationalité étrangère, même si cela est interdit par la loi fondamentale et les textes régissant l’APN, doit être décelé en premier lieu par les services de sécurité et l’ambassade d’Algérie en France.  Aussi, comment les autorités ont retenu sur leur liste une personne qui avait elle-même indiqué 2016 plus précisément, qu’elle détenait la nationalité française ? Il convient de rappeler que la décision de nomination de Samir Chaabna au poste de ministre délégué chargé de la communauté nationale à l’étranger, a été annulée le 27 juin dernier par la présidence de la République. «Lors des consultations pour la constitution du gouvernement, Samir Chaabana a accepté le portefeuille de ministre délégué chargé de la Communauté nationale à l’étranger sans pour autant déclarer sa double nationalité. Il a été demandé à Samir Chaabna de se conformer aux dispositions prévues par la loi n° 17-01 du 10 janvier 2017, fixant la liste des hautes responsabilités de l’Etat et des fonctions politiques dont l’accès requiert la nationalité algérienne exclusive et de renoncer à sa nationalité étrangère», indique un communiqué du Premier ministère. L’article 63 de la Constitution stipule que «la nationalité algérienne exclusive est requise pour l’accès aux hautes responsabilités de l’Etat et aux fonctions politiques». La loi n° 17-01 du 11 janvier 2017 fixant la liste des hautes responsabilités de l’Etat et des fonctions politiques dont l’accès requiert la nationalité algérienne exclusive énumère en son article 2 les 15 fonctions pour lesquelles est exigée la «nationalité algérienne exclusive». A noter que la polémique sur la nationalité française des ministres et députés ne se limite pas à Samir Chaabna, puisque même le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitounui a fait l’objet d’une véritable campagne sur les réseaux sociaux. Ce dernier dans un communiqué rendu public par son département dément catégoriquement ces allégations.  « Le ministre des Moudjahidines  ne détient que la nationalité algérienne d’origine, héritée  de son père et de son grand- père, il la porte avec fierté et honneur  », écrit le ministère dans son communiqué. « Le ministre des Moudjahidines attache par ailleurs une attention particulière  à glorifier et à perpétuer  les symboles de la mémoires des victimes des crimes coloniaux » ajoute le communiqué.

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