Une sauvegarde qui coûterait cher à l’Etat

Assainissement financier du secteur public

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Il est de la pire crise qui puisse avoir lieu dans la gestion des entreprises publiques, que de se retrouver chaque fois à la case départ en matière de la prise en charge de leurs dettes financières, et que l’Etat se retrouve dans l’obligation de trouver des solutions pour le maintien de l’activité de ces entreprises, ce qui veut dire opter pour une énième fois à une nouvelle opération de sauvegarde.

 

L’asphyxie, qui a touché des entreprises du secteur privé, exerçant dans le domaine industriel, n’a pas épargné celles du secteur public, pour que la crise qui ronge le modèle algérien de production soit la constante, et ce, depuis des décennies, avec une attitude des pouvoirs publics qui ne font que dans la constatation de l’échec de la gestion des affaires économiques dans le pays, et ce, tant que des solutions de substitution n’ont pas eu lieu pour faire face à cette situation.

Les problèmes d’adaptation avec un marché national en ébullition font que les crises en répétition soient la donne pour des fleurons du secteur public, à l’instar de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) qui n’arrive pas à régler sa dette contractée auprès des banques, et elle vit comme beaucoup d’autres entreprises industrielles d’ailleurs, une crise d’approvisionnement vu le manque de liquidités qu’elle puisse mobiliser pour l’achat des semi-produits de l’étranger, et bien sûr, essayer de garder un niveau acceptable de son activité.

Tout un héritage d’un secteur public maintenu en vie grâce à l’intervention de l’Etat, qui est aujourd’hui à l’avant du programme du gouvernement, qui devra annoncer des mesures pour un redressement et une réadaptation avec les conditions du marché. Sachant que ce genre de mesure ne sort pas de cette logique de l’assainissement financier qui a prévalu dans la politique de l’Etat envers ses entreprises, même si cette assistance en permanence a coûté cher aux contribuables, tant que des estimations avancent un chiffre peu soutenable de 50 milliards de dollars US depuis l’application du programme d’ajustement structurel (PAS) dans le cadre de l’accord avec le Fonds monétaire international (FMI).

En fait, toute nouvelle intervention de la part de l’Etat ne sortira pas de la logique de la politique d’ajustement, qui consisterait à mettre un programme rigoureux pour le retour à la production selon des capacités liées à la rentabilisation de l’activité et garantir ainsi un niveau de compétitivité permettant aux entreprises publiques de garder une part de marché consistante permettant le rééquilibrage de leur situation financière. 

Mais, reste que tout effort dans le sens, doit pousser ces entreprises à adopter de nouvelles méthodes de travail selon un cahier de charges déterminant l’exigence de résultats, chose qui devra les mettre en face avec un marché ouvert et concurrentiel. D’ailleurs, n’est il pas temps pour que l’Etat puisse tirer de nouvelles ressources à travers la rentabilisation de ses entreprises, et dépasser ainsi cette relation de dépendance qui coûte cher à la finance de l’Etat.

 

Par Abdelkader Mechdal 

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