Une solution à de nombreuses contraintes

Dévaluation du dinar

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Pour le Cercle de réflexion autour de l’entreprise (Care), la dévaluation du dinar est une solution «inévitable» pour faire face à la crise économique que connaît le pays. Les experts de ce think tank estiment, dans un document rendu public par le Care, que cette option est une solution potentielle à de nombreuses contraintes que vit actuellement l’économie algérienne.

«Dans le contexte de crise financière sévère que traverse notre économie, on peut envisager cinq catégories d’avantages qui, les uns comme les autres, sont loin d’être négligeables», argue le Care.

Le premier bénéfice attendu d’une dévaluation est celui du rétablissement progressif des équilibres économiques extérieurs. Il est à noter sur ce point que «les politiques publiques adoptées jusque-là n’arrivent pas à contenir l’hémorragie des comptes extérieurs et donnent lieu à une érosion ininterrompue des réserves de change du pays».

Le Care a rappelé que pour tenter malgré tout de réduire les flux d’importation de marchandises, les pouvoirs publics ont pris la décision de recourir à toutes sortes de restrictions administratives, système de licences d’importations, droits de douane pour une liste de 900 produits et enfin la mise en place de taxes particulières applicables aux importations (Daps). En revanche, le système des restrictions administratives, mis en place sous ses différentes formes à partir de l’année 2017, n’aura eu qu’un impact tout à fait limité, en dépit des moyens importants mobilisés pour son application.  Dans les faits, estime le Care, il s’agit là d’une mise en évidence d’un principe économique largement et depuis longtemps admis à travers l’ensemble des pays du monde, à savoir que le taux de change est l’instrument par excellence pour la régulation des échanges commerciaux internationaux. Sur un autre registre, le groupe d’experts think tank affirme que la dévaluation du dinar est à analyser à ce titre comme une incitation économique à renforcer la production locale de biens aussi essentiels. Dans ce cadre, le président de la Cipa, Abdelwahab Ziani, a estimé que l’Algérie a tous les moyens et atouts pour répondre aux besoins des Algériens en produits alimentaires, notamment. Ce dernier a indiqué que «nous importons seulement 30% de matières premières de l’étranger. Il y a tout en Algérie. Nous sommes là les patrons pour travailler entre nous (Dinar-Dinar) et réduire la facture d’importation. D’ailleurs, durant cette période de la pandémie de la Covid-19, la filière agroalimentaire a relevé le défi. Le marché a été bien approvisionné».

Et d’ajouter : «Le recul des recettes pétrolières à 23 milliards de dollars en 2020 n’inquiète pas les industriels. Au contraire, il ne sera qu’une occasion pour promouvoir le produit made bladi et reconquérir le marché  local, d’abord, et s’orienter ensuite vers l’export. Nous demandons juste un accompagnement de l’Etat».

L’autre bénéfice immédiat d’une dévaluation est lié à l’apport conséquent que cela entraîne en termes de recettes fiscales supplémentaires tout à fait précieuses compte tenu du niveau du déficit du budget de l’État.

«Chaque pourcentage de dévaluation de la valeur du dinar procure au Trésor public l’équivalent de 43 milliards de dinars. Une dévaluation de 25% de la valeur du dinar conduirait à des recettes supplémentaires de 1 075 milliards de dinars, soit l’équivalent de 54% du déficit budgétaire inscrit dans la loi de finances complémentaire pour l’année 2020», a relevé également le Care. La dévaluation améliore également, ajoute-t-il, les revenus de la Sonatrach et, par conséquent, les dividendes potentiels qui reviendraient au Trésor public.

Par Zahir Radji

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